ANGLE DOMINANT
Belgrade décrypte la querelle Trump-Meloni comme un révélateur des failles de la solidarité atlantique, un signal que l'Europe scrute depuis sa marge.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a publié sur Truth Social que l'OTAN défend l'Italie « depuis des décennies » mais que Rome ne défend pas les autres membres quand c'est nécessaire.
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Le ministre de la Défense italien Guido Crosetto a déclaré sur Radio 24 qu'il ne comprenait pas la position de Trump, tout en affirmant que les relations entre les deux pays « restent absolument normales ».
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Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a accusé Trump d'être responsable de la fermeture du détroit d'Ormuz, soulignant un désaccord européen plus large sur la gestion de la crise iranienne.
ANALYSE
Belgrade, 23 juin 2026. La presse serbe suit de près la dispute publique entre Donald Trump et la présidente du Conseil italienne Giorgia Meloni, qu'elle présente comme un symptôme des tensions structurelles au sein de l'Alliance atlantique. Les deux principaux quotidiens, Blic et Politika, ont consacré des articles détaillés aux attaques du président américain, offrant à leurs lecteurs une lecture factuelle de la crise sans l'édulcorer.
Selon Blic, Trump a écrit sur son réseau Truth Social que « l'OTAN défend l'Italie depuis des décennies, mais que ce pays ne défend pas les autres membres de l'Alliance et le reste du monde quand c'est nécessaire ». Le litige a éclaté autour de la question iranienne : Trump reproche à Meloni d'avoir refusé de coopérer avec Washington pour empêcher Téhéran d'acquérir l'arme nucléaire, et d'avoir interdit aux États-Unis l'usage des pistes et aérodromes italiens lors des opérations militaires, ce qu'il qualifie de « problème logistique majeur ».
L'escalade a pris une tournure diplomatique lorsque le ministre des Affaires étrangères italien a annulé sa visite prévue aux États-Unis, rapporte Politika. Trump a alors affirmé sur Truth Social que Meloni « cherchait à se faire photographier avec lui lors du G7 en France » et que « sa popularité en Italie est en chute, probablement parce qu'elle a refusé les États-Unis ».
Du côté italien, le ministre de la Défense Guido Crosetto a tenté de limiter les dégâts. Interrogé sur Radio 24, il a déclaré : « Je n'ai pas compris la position de Trump ces derniers jours. D'après ce que j'ai vu à la télévision, il me semblait qu'il n'y avait pas de problèmes dans nos relations, qui restent absolument normales et n'ont pas changé. » Il a néanmoins ajouté que « le lien entre l'Italie et les États-Unis ne dépend pas des gouvernements ni des premiers ministres ».
Les médias serbes replacent cet épisode dans un contexte géopolitique plus large. N1 Serbia rappelle que le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a accusé Trump d'être « responsable de la fermeture du détroit d'Ormuz », déclarant : « C'est Donald Trump qui a mis un bouchon dans le détroit d'Ormuz, pas nous, mais c'est dans notre intérêt de l'enlever. » Cette déclaration illustre, pour la presse de Belgrade, la profondeur du fossé entre certains alliés européens et Washington sur la gestion de la crise iranienne.
Politika souligne également que le Sénat américain a adopté une résolution sur les pouvoirs de guerre concernant l'Iran, ce que Trump a vivement critiqué, estimant que ce vote avait « affaibli la position des États-Unis » à un moment où Téhéran montrait des « signes de respect ».
