ANGLE DOMINANT
Rome décrypte l'annonce d'Infantino comme une rupture de protocole assumée : en confiant la remise du trophée à Trump, la FIFA franchit une ligne que ses propres précédents interdisaient.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lors des Mondiaux 2018 (Russie) et 2022 (Qatar), seul Infantino remettait le trophée — Trump brise ce protocole en partageant la cérémonie du 19 juillet à New York.
- 02
La Maison Blanche hésite à exposer Trump à des sifflets mondiaux : des cœurs de supporters anglais, écossais, australiens et néo-zélandais sur ses liens avec Epstein ont déjà agité l'entourage présidentiel (ANSA).
- 03
Trump avait reçu en décembre un inédit « Premio FIFA per la pace » et Infantino s'est rendu plusieurs fois dans le Bureau ovale, dont une visite avec la Juventus (La Repubblica).
ANALYSE
Rome, 25 juin 2026. Quand Gianni Infantino a déclaré sur Fox and Friends « Saremo insieme al presidente per goderci la finale e, naturalmente, per consegnare il trofeo ai vincitori », la presse italienne n'a pas tardé à mesurer la portée de la formule. La finale du 19 juillet au MetLife Stadium de New York ne sera pas seulement un match de football : ce sera la première fois qu'un chef d'État remettra personnellement le trophée aux champions du monde sous l'égide de l'instance dirigeante du football mondial.
La Repubblica et Adnkronos relèvent tous deux un fait précis : lors des deux dernières éditions organisées sous la présidence d'Infantino — Russie 2018 et Qatar 2022 — seul le président de la FIFA remettait le trophée au capitaine vainqueur. En invitant Trump à partager ce geste, Infantino rompt un protocole qu'il avait lui-même établi. Le choix n'est pas anodin : il intervient après que Trump a reçu en décembre un inédit « Premio FIFA per la pace » et qu'Infantino s'est rendu à plusieurs reprises dans le Bureau ovale, dont une visite notable en compagnie de la Juventus.
L'ANSA apporte le contrepoint politique. La présence de Trump aux matches des Mondiali n'est pas acquise : selon des sources proches de la Maison Blanche citées par l'agence, l'entourage présidentiel hésite à exposer Trump à des sifflets retransmis en mondovision. Les tribunes ont déjà résonné de chants hostiles des supporters anglais, écossais, australiens et néo-zélandais, faisant écho à ses liens présumés avec Jeffrey Epstein. L'épisode du Madison Square Garden lors des playoffs des Knicks — où Trump a été copieusement hué — est présenté comme un avertissement. La Maison Blanche se réserverait jusqu'au dernier moment le droit d'annuler la présence présidentielle.
La Repubblica rappelle un précédent récent et embarrassant : lors de la finale du Mondial des clubs entre Chelsea et le Paris Saint-Germain, Trump était resté sur scène pendant le podium des vainqueurs anglais. L'incident avait surpris les joueurs eux-mêmes — le milieu Cole Palmer avait demandé à son capitaine Reece James « cosa ci facesse Trump sul palco con loro ». Ce souvenir nourrit les doutes sur la pertinence d'associer un président américain au rituel de remise des trophées footballistiques.
Pour la presse italienne, la question de fond dépasse le simple cérémoniel. Roma absente des terrains pour la troisième Coupe du monde consécutive, l'Italie suit le tournoi en spectatrice.
