ANGLE DOMINANT
Londres interroge la frontière entre sport et politique : la présence annoncée de Trump pour remettre le trophée de la Coupe du monde soulève au Royaume-Uni des questions sur l'autonomie des instances sportives mondiales face aux exécutifs nationaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Andrew Giuliani, conseiller de Trump pour la Coupe du monde, a déclaré que le président «aime un bon cliffhanger» pour expliquer son absence aux matchs américains malgré son rôle de co-hôte.
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Trump a assisté au Game 3 des finales NBA à New York et à l'UFC 250 sur la pelouse de la Maison Blanche, mais n'a assisté à aucun match de la Coupe du monde à la date de publication.
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Trump a appelé l'équipe américaine pour lui dire «Je pense que vous avez de bonnes chances d'aller jusqu'au bout», selon The Athletic cité par The Independent.
ANALYSE
Londres, 25 juin 2026. Pendant que la Coupe du monde 2026 bat son plein sur le sol américain, canadien et mexicain, une question s'est imposée dans la presse britannique : à quel moment le président des États-Unis cesse-t-il d'être un hôte et devient-il un acteur à part entière du tournoi ? L'annonce du président de la FIFA Gianni Infantino — selon laquelle Donald Trump remettra le trophée aux vainqueurs lors de la finale — a cristallisé ce débat.
Selon The Independent, Trump n'a encore assisté à aucun match de la compétition malgré le statut des États-Unis comme pays co-organisateur. Son conseiller chargé du tournoi, Andrew Giuliani, fils de l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, a justifié cette absence par une stratégie délibérée : le président « aime ménager le suspense » et veut « laisser les gens dans l'expectative ». « Il aime un bon cliffhanger, gardez l'œil ouvert », a déclaré Giuliani au Telegraph, suggérant que Trump pourrait faire irruption à un moment-clé du tournoi. Cette rhétorique du suspense n'a pas manqué d'interpeller les commentateurs britanniques, habitués à séparer le protocole sportif des agendas politiques.
Ce que relèvent les observateurs londoniens, c'est le contraste saisissant entre l'absence de Trump aux matchs américains et sa présence active à d'autres événements sportifs. Selon The Independent, le président a trouvé le temps d'assister au troisième match des finales NBA à New York et à la soirée UFC 250 organisée sur la pelouse de la Maison Blanche, tout en appelant l'équipe américaine pour lui dire : « Je pense que vous avez de bonnes chances d'aller jusqu'au bout. » La question posée en filigrane : pourquoi préférer le ring à un tournoi dont les États-Unis sont officiellement hôtes ?
La future remise du trophée par Trump place la FIFA dans une position délicate que la presse britannique ne manque pas de souligner. L'instance internationale du football s'est longtemps présentée comme un arbitre au-dessus des souverainetés nationales, mais en accordant au président américain ce rôle symbolique fort, elle semble s'aligner sur la logique de l'État hôte dominant. Pour les médias britanniques, ce geste illustre la difficulté croissante des organisations sportives mondiales à préserver leur neutralité face à des exécutifs qui ont fait du sport un terrain d'expression politique.
Par ailleurs, The Independent rapporte que Trump a téléphoné à l'équipe américaine cette semaine pour l'encourager, après que les États-Unis ont remporté leurs deux premiers matchs contre le Paraguay puis l'Australie. Cette proximité entre le chef d'État et la sélection nationale nourrit le sentiment que le tournoi est, pour une part, un exercice de projection de puissance américaine autant qu'une compétition sportive.
