ANGLE DOMINANT
Pékin décrypte la canicule européenne comme la manifestation tangible d'un dérèglement climatique déjà à l'œuvre, en soulignant que le continent occidental peine à absorber des chocs thermiques devenus structurels.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Au moins 101 millions d'Européens exposés à plus de 35°C pendant plusieurs jours, avec plusieurs centaines de décès estimés (South China Morning Post)
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Le Met Office britannique a émis une alerte rouge extrême chaleur — seulement la deuxième de son histoire —, avec des pics attendus à au moins 39°C (CGTN)
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Le World Weather Attribution établit que la canicule était 'virtuellement impossible' sans changement climatique humain, les nuits chaudes étant 100 fois plus probables qu'il y a 20 ans (South China Morning Post)
ANALYSE
Pékin, 27 juin 2026. Alors que l'Europe fait face à l'une des vagues de chaleur les plus sévères jamais enregistrées sur le continent, les médias chinois — CGTN et South China Morning Post en tête — couvrent l'événement sous un angle résolument climatique, en s'appuyant sur les travaux du groupe World Weather Attribution.
Selon les chiffres rapportés, au moins 101 millions d'Européens ont subi plusieurs jours consécutifs de températures dépassant les 35 degrés Celsius. L'estimation des décès se chiffre à plusieurs centaines, dont des enfants, une partie d'entre eux s'étant noyés en cherchant à fuir la chaleur. Le cas d'un garçon de trois ans retrouvé mort dans un véhicule familial à Saint-Gratien, en région parisienne, a été particulièrement relayé : troisième décès du même type en une semaine dans le pays, alors que Paris affichait 40,3 degrés Celsius ce même jour — la quatrième fois en 150 ans que la capitale française franchit ce seuil.
Du côté britannique, CGTN détaille la décision du Met Office d'émettre une alerte rouge extrême chaleur, seulement la deuxième de ce type jamais décrétée par le service météorologique national, couvrant des parties de l'Angleterre et du Pays de Galles. Les températures attendues lors du pic — mercredi et jeudi — devaient atteindre au moins 39 degrés Celsius, avec des probabilités élevées de pulvériser le record de juin au Royaume-Uni, établi à 35,6 degrés Celsius en 1976. Les Pays-Bas, eux, ont publié leur toute première alerte rouge historique pour la chaleur.
La lecture scientifique occupe une place centrale dans les publications chinoises. Les chercheurs du World Weather Attribution affirment que cette canicule aurait été « virtuellement impossible » sans le changement climatique d'origine humaine, lequel a rendu les nuits étouffantes de cette semaine cent fois plus probables qu'il y a vingt ans. « Sur la région étudiée, cette vague de chaleur est la plus sévère jamais enregistrée », précisent-ils. Le groupe qualifie l'implication du changement climatique d'origine humaine d'« indiscutable ».
Cette approche éditoriale n'est pas anodine : en plaçant la canicule européenne dans le contexte du dérèglement climatique global, la presse chinoise dessine en creux une comparaison implicite avec les propres défis de l'Asie. Un rapport de Climate Central, cité par le South China Morning Post, rappelle que la durée des épisodes de chaleur extrême a plus que doublé à l'échelle mondiale en cinquante ans, passant d'une moyenne de 10 jours par an dans les années 1970 à 23 jours aujourd'hui. L'Asie du Sud-Est figure parmi les régions les plus exposées aux chaleurs humides dangereuses, ce qui confère à la couverture de la canicule européenne une résonance particulière pour les lecteurs du continent.
