ANGLE DOMINANT
Rome mesure avec inquiétude l'ampleur de la canicule qui frappe l'Italie et le continent : 48 millions de personnes exposées à des températures supérieures à 30°C, un pic redouté entre le 28 et le 30 juin, et une facture économique estimée à 128 milliards d'euros d'ici 2030.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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17 villes italiennes en alerte rouge, avec un pic thermique attendu à plus de 40°C entre le 28 et le 30 juin (ANSA)
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Les urgences des grandes villes italiennes enregistrent une hausse des passages de 10 à 15 % ; un homme de 81 ans est décédé à Montesilvano (ANSA)
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Allianz projette des pertes de 128 milliards d'euros pour l'économie italienne d'ici 2030 en raison de la crise climatique (The Local Italy)
ANALYSE
Rome, 27 juin 2026. L'Italie entre dans la phase critique de la vague de chaleur qui paralyse l'Europe depuis mi-juin. Dix-sept villes tricolores étaient placées en alerte rouge jeudi, un chiffre qui devait monter à 18 vendredi et samedi, à l'approche du pic thermique attendu entre le 28 et le 30 juin, quand les thermomètres pourraient dépasser les 40°C. À Rome, des militants de Greenpeace ont mesuré des températures de surface atteignant 80°C sur l'asphalte autour de la gare Termini, symbole saisissant de la surchauffe urbaine. Le musée des Offices à Florence a dû suspendre la vente de billets après une défaillance de sa climatisation.
La pression sur les hôpitaux italiens se fait sentir concrètement : les services d'urgence des grandes villes enregistrent une hausse des passages de 10 à 15 %, selon l'agence ANSA. À l'hôpital pédiatrique Bambino Gesù de Rome, un accès aux urgences sur quatre est directement ou indirectement lié aux effets de la chaleur. Une victime a été recensée à Montesilvano, un homme de 81 ans terrassé par un malaise. Le ministre de la Santé Orazio Schillaci a voulu rassurer : « La situation est aujourd'hui sous contrôle, nous surveillons avec une grande attention les personnes les plus fragiles : les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants. » Le ministère a activé le numéro d'utilité publique 1500, déjà sollicité plus de 300 fois, et diffuse un décalogue de prévention via les réseaux sociaux.
Le contexte européen aggrave le tableau. Plus de 380 millions de personnes ont subi des températures supérieures à 30°C selon des estimations fondées sur les prévisions du service météorologique allemand. En France, 55 personnes sont mortes par noyade après des baignades dans des eaux non sécurisées ; à Paris, le Georges Pompidou a atteint un niveau de saturation. Au Royaume-Uni, plusieurs hôpitaux ont déclaré l'état d'urgence.
Sur le plan scientifique, le groupe World Weather Attribution conclut que cet épisode « n'aurait pas été possible en juin sans le changement climatique ». Une vague comparable aurait été 3,5°C plus fraîche en juin 1976. La physique atmosphérique ajoute une clé de lecture : selon Lorenzo Giovannini, chercheur à l'Université de Trente, la persistance d'une « goutte froide » atlantique au large du Portugal prolonge et dévie vers l'Italie du Nord la masse d'air chaud venue d'Afrique du Nord — le phénomène pourrait ne s'éteindre qu'en début juillet.
L'enjeu économique est massif. Un rapport d'Allianz projette pour l'Italie des pertes de 128 milliards d'euros d'ici 2030, entre pathologies liées à la chaleur, baisse de productivité et surcoût énergétique. Une étude Deloitte anticipe une contraction du PIB italien de 1,6 à 6 % d'ici 2050.
SOURCES (2)
- The Local ItalyMOYEN
