ANGLE DOMINANT
Madrid mesure le tribut humain d'une canicule qu'elle vit comme une crise sanitaire et climatique sans précédent : 212 morts, des records de température en juin depuis 1950, et une science unanime pointant le changement climatique comme cause directe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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212 décès en excès attribuables à la chaleur enregistrés en Espagne sur quelques jours, contre 98 pour la même période en 2025 (données MoMo)
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Les 28,08 °C et 28,17 °C de température journalière moyenne lundi et mardi constituent les records absolus pour un mois de juin en Espagne depuis 1950
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Selon le groupe WWA (Imperial College London), cet épisode aurait été 3,5 °C plus frais en journée en 1976 et aurait été 'pratiquement impossible' en juin sans le changement climatique
ANALYSE
Madrid, 27 juin 2026. La canicule qui s'abat sur l'Europe depuis plusieurs jours ne se résume pas, pour l'Espagne, à un phénomène météorologique exceptionnel : c'est d'abord un bilan humain. Le système de surveillance épidémiologique MoMo a enregistré 212 décès en excès attribuables à la chaleur sur une courte période, contre 98 pour les quatre mêmes jours de 2025. Un écart qui illustre l'intensité inédite de l'épisode. En 2025, déjà l'été le plus chaud jamais mesuré dans le pays, 3 832 morts liées à la chaleur avaient été comptabilisées entre mai et septembre — soit une hausse de 87,6 % par rapport à 2024.
Sur le plan météorologique, la rupture avec les normes historiques est tout aussi frappante. La température journalière moyenne pour la péninsule a atteint 28,08 °C lundi et 28,17 °C mardi — les deux valeurs les plus élevées pour un mois de juin depuis au moins 1950. Ces mêmes journées ont également battu des records de température minimale nocturne pour juin, avec 20,14 °C et 19,81 °C. Ces « nuits tropicales » compromettent le repos et aggravent les risques sanitaires pour les populations les plus vulnérables.
L'un des aspects les plus frappants de cet épisode tient à sa géographie inhabituelle : c'est la corniche cantabrique — Cantabrie et Pays basque, régions a priori préservées des fortes chaleurs — qui a subi les alertes les plus sévères, avec des températures dépassant 40 °C. « Ni la population ni les villes ne sont préparées » à de telles conditions dans ces territoires, relève ElDiario.es, citant l'analyse du groupe World Weather Attribution (WWA).
Cette organisation scientifique internationale a publié cette semaine une évaluation rapide dont les conclusions sont sans équivoque : la canicule actuelle aurait été « pratiquement impossible » en juin sans le changement climatique. En 1976, un épisode comparable aurait été 3,5 °C plus frais en journée et 2,4 °C plus frais la nuit. Même par rapport à 2003 — année où des dizaines de milliers d'Européens sont morts lors d'une vague de chaleur historique —, les températures actuelles seraient environ 2 °C plus élevées. Theodore Keeping, chercheur à l'Imperial College London et auteur principal de l'étude, a déclaré : « Cet événement n'aurait pas été possible en juin sans le changement climatique. »
À l'échelle continentale, plus de 380 millions d'Européens ont été exposés à des températures supérieures à 30 °C, selon des calculs de l'AFP basés sur les projections du service météorologique allemand et du Centre commun de recherche de l'UE. La directrice adjointe du service Copernicus de l'UE, Samantha Burgess, a expliqué le phénomène par un « dôme de chaleur » d'air nord-africain piégé dans un système anticyclonique, bloquant l'arrivée d'air frais.
SOURCES (3)
- The Local SpainMOYEN
- El Pais EnglishMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
