ANGLE DOMINANT
Paris mesure l'ampleur d'une canicule sans précédent en juin : hôpitaux saturés, décès à domicile signalés et comparaison immédiate avec 2003, la France passe en gestion de crise sanitaire tout en pointant la responsabilité sans équivoque du changement climatique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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101 millions d'Européens ont subi des températures supérieures à 35 °C jeudi 26 juin, avec 61 départements français encore en vigilance rouge le lendemain (France 24)
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Les SAMU de l'AP-HP ont enregistré une hausse de plus de 50 % du volume d'appels par rapport à la même période en 2025, le syndicat Samu Urgences de France évoquant un « point de basculement » (Sud Ouest)
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Le groupe World Weather Attribution conclut que le changement climatique est responsable « sans équivoque » : une canicule similaire aurait été 3,5 °C plus froide en juin 1976 (RFI)
ANALYSE
Paris, 26 juin 2026. Deux tiers du territoire français écrasés par la chaleur, des hôpitaux en gestion de crise et un bilan humain encore difficile à chiffrer : la France traverse une canicule d'ampleur exceptionnelle qui mobilise les médias nationaux autour d'un même constat d'urgence. Jeudi a constitué le pic, avec 72 départements en vigilance rouge ; vendredi, ils étaient encore 61, selon Météo-France, avant qu'une décrue progressive soit attendue par l'ouest et le nord-ouest du pays.
La pression sur le système de soins concentre l'essentiel des inquiétudes. Le syndicat Samu Urgences de France évoque un « point de basculement » avec une hausse de 40 % des appels au 15, tandis que les quatre SAMU de l'AP-HP enregistraient une augmentation de plus de 50 % du volume d'appels par rapport à la même période en 2025. Le préfet de police de Paris a averti que les hôpitaux sont « saturés » et que des événements comme la Marche des fiertés du week-end pourraient être annulés par arrêté. Le gouvernement a activé le niveau maximal du plan Orsan.
Le ministère de la Santé s'est dit « préoccupé par la survenue de décès à domicile sur l'ensemble du territoire », sans pouvoir fournir de chiffres exhaustifs sur la mortalité imputable directement à la chaleur. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire avait évoqué dès jeudi une « mortalité en hausse » dans la capitale. Selon le cabinet de la ministre Stéphanie Rist, les premiers décès ne concernent pas uniquement des personnes âgées déshydratées mais aussi « des jeunes qui font des arrêts cardiaques ». Les médecins redoutent de constater une surmortalité à plus ou moins brève échéance. L'épisode est d'ores et déjà comparé en intensité à la canicule de 2003, qui avait tué quelque 15 000 personnes en France.
Sur le plan climatique, le groupe scientifique World Weather Attribution a conclu vendredi que le changement climatique est responsable « sans équivoque » de l'intensité de l'épisode. Une canicule similaire aurait été 3,5 °C moins chaude en juin 1976, et « pratiquement impossible » à cette période de l'année sans le réchauffement humain. Theodore Keeping, de l'Imperial College de Londres, a résumé : « Cet épisode n'aurait pas été possible en juin sans changement climatique. » L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a jugé « possible » qu'il s'agisse d'un phénomène record en fin de saison, tout en soulignant l'incertitude : « Elle est encore très largement en cours », a précisé la porte-parole Clare Nullis.
Au moins 101 millions d'Européens ont subi des températures supérieures à 35 °C jeudi.
SOURCES (4)
- Sud OuestMOYEN
