ANGLE DOMINANT
Doha mesure la canicule européenne à l'aune du changement climatique : ce que l'Europe subit aujourd'hui, les scientifiques l'imputent directement aux émissions humaines, et la région du Golfe suit de près un dossier qui interroge l'adaptation globale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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101 millions de personnes exposées à plus de 35°C jeudi en Europe, dont 50 millions en France et 18 millions en Allemagne (calculs AFP/Al Jazeera)
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L'Allemagne a enregistré un record absolu de 41,3°C à Sarrebruck ; l'Espagne a comptabilisé 212 décès liés à la chaleur entre dimanche et mercredi selon l'Institut Carlos III
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Le groupe World Weather Attribution conclut que la canicule est la « plus sévère jamais enregistrée » en juin et aurait été « pratiquement impossible » il y a 50 ans sans le changement climatique
ANALYSE
Doha, 27 juin 2026. La vague de chaleur qui s'est abattue sur l'Europe cette semaine est suivie de près par les médias du Golfe, notamment Al Jazeera et le Gulf Times, qui placent l'événement dans une perspective climatique globale. Pour Doha, ce n'est pas une simple anomalie météorologique : c'est le signal le plus lisible à ce jour de la trajectoire climatique que les scientifiques décrivent depuis des décennies.
Selon des calculs de l'AFP relayés par Al Jazeera, au moins 101 millions de personnes ont été exposées jeudi à des températures dépassant 35°C, dont 50 millions en France et 18 millions en Allemagne. Le Royaume-Uni a enregistré son record historique de température en juin avec 36,4°C dans le Somerset. L'Allemagne a, de son côté, atteint 41,3°C à Sarrebruck vendredi, battant son propre record absolu de chaleur fixé à 41,2°C en juillet 2019. Ces chiffres marquent les esprits bien au-delà du continent européen.
Le Gulf Times met en exergue les conclusions d'une étude scientifique publiée cette semaine : la canicule a été « significativement exacerbée par le changement climatique d'origine humaine » et les températures actuelles auraient été 2 à 4°C plus fraîches sans l'influence anthropique. Le groupe de scientifiques World Weather Attribution va plus loin, qualifiant cet épisode de canicule la « plus sévère jamais enregistrée » pour le mois de juin en Europe, et estimant qu'un tel événement aurait été « pratiquement impossible » il y a cinquante ans. En 1976, dans des conditions climatiques similaires, les températures auraient été environ 3,5°C plus basses.
Al Jazeera Arabic souligne également les répercussions économiques, citant une étude publiée dans la revue Global Environmental Change : les vagues de chaleur et la sécheresse combinées ont accru le risque de pauvreté en Europe d'environ 1,1 point de pourcentage entre 2004 et 2022, soit l'équivalent de 5,6 millions de personnes supplémentaires exposées à la précarité. La chaleur a fermé des écoles, ralenti les trains, privé des milliers de foyers d'électricité en France et contraint certains agriculteurs à récolter leurs céréales de nuit.
En Espagne, le bilan humain est lourd : 212 décès ont été officiellement recensés entre dimanche et mercredi selon l'Institut Carlos III de Madrid, sur la base du système de surveillance de mortalité MOMO. En 2025, le nombre de morts liées à la chaleur entre mai et septembre avait déjà atteint 3 832 — un chiffre en hausse de 87,6 % par rapport à 2024.
L'Organisation mondiale de la santé, dont le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a pris la parole cette semaine, a appelé les dirigeants à rendre les systèmes de santé plus résilients face au climat.
SOURCES (3)
- Al Jazeera ArabicMOYEN
