ANGLE DOMINANT
Pretoria relaie sans détour la riposte de la Cour elle-même face à une pression américaine inédite sur une institution judiciaire censée rester indépendante.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Les sanctions gèlent les avoirs américains de la présidente Tomoko Akane et du procureur Abdoulaye Seye, et les excluent du système financier américain.
- 02
La CPI qualifie la mesure d'« attaque flagrante contre l'indépendance d'une institution judiciaire impartiale ».
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L'UE, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Japon expriment leur soutien à la Cour ou leur désapprobation des sanctions américaines.
ANALYSE
Pretoria, 20 août 2026. Washington a annoncé mardi de nouvelles sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la magistrate japonaise Tomoko Akane, ainsi que contre l'avocat sénégalais Abdoulaye Seye, procureur de la Cour. Le secrétaire d'État Marco Rubio a présenté la mesure sur X comme une protection des citoyens américains contre ce qu'il qualifie de « tribunal de pacotille », en s'appuyant sur un décret présidentiel de Donald Trump autorisant des sanctions contre l'institution. Les avoirs américains des deux responsables sont gelés et leur accès au système financier américain coupé.
La CPI a immédiatement répliqué, qualifiant la mesure d'« attaque flagrante contre l'indépendance d'une institution judiciaire impartiale ». Dans un communiqué relayé par les titres sud-africains, la Cour ajoute que « viser des juges, des procureurs et du personnel... porte atteinte à l'État de droit ». La présidente Akane avait déjà averti en décembre que ces sanctions « saperaient rapidement le fonctionnement de la Cour dans tous les dossiers et mettraient en péril son existence même ». Abdoulaye Seye, membre de l'équipe qui a obtenu un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, est par ailleurs candidat à un poste de juge à la CPI.
Ce nouveau train de sanctions prolonge une campagne déjà engagée contre plusieurs responsables de la Cour, liée à ses enquêtes visant Netanyahu et l'ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, ainsi qu'à une enquête antérieure sur les troupes américaines en Afghanistan. Human Rights Watch y voit une tentative de paralyser la Cour et d'affaiblir la reddition de comptes pour crimes de guerre. Les sanctions font par ailleurs l'objet de recours devant des juridictions américaines, à New York et Washington, où des organisations de défense des droits humains contestent la constitutionnalité du décret de Trump.
La réaction internationale a été immédiate : l'Union européenne, par la voix d'Ursula von der Leyen et d'Antonio Costa, dit se tenir « fermement » aux côtés d'Akane ; l'Allemagne juge l'indépendance de la Cour « d'une importance centrale » ; les Pays-Bas, pays hôte de la Cour à La Haye, expriment leur désapprobation. Tokyo qualifie la décision de « très regrettable » et rappelle son soutien constant à la CPI dans sa mission de poursuivre les crimes les plus graves.
