ANGLE DOMINANT
Dacca dénonce, à travers sa presse anglophone, un précédent dangereux pour l'ordre juridique multilatéral dont dépendent aussi les États plus modestes que les grandes puissances.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La CPI a dénoncé mercredi une « attaque flagrante contre l'indépendance » de sa présidente japonaise Tomoko Akane et du procureur sénégalais Abdoulaye Seye, visés par de nouvelles sanctions américaines.
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Le secrétaire d'État Marco Rubio a justifié les sanctions en accusant les deux responsables de s'être engagés dans des enquêtes visant des officiels dont le gouvernement n'a pas consenti à la juridiction de la CPI.
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Ursula von der Leyen, Antonio Costa et la ministre allemande de la Justice Stefanie Hubig ont exprimé leur soutien à la Cour, dont l'action vise notamment le mandat d'arrêt de 2024 contre Benjamin Netanyahu.
ANALYSE
Dacca, 20 août 2026. La Cour pénale internationale (CPI) a qualifié mercredi de « attaque flagrante contre l'indépendance d'une institution judiciaire impartiale » les sanctions américaines visant sa présidente, la magistrate japonaise Tomoko Akane, et le procureur sénégalais Abdoulaye Seye. La Cour, basée à La Haye, affirme que ces mesures « portent atteinte à l'État de droit » et menacent l'ordre juridique international, tout en assurant qu'elle continuera à exercer son mandat « en toute indépendance et impartialité, conformément au Statut de Rome et dans l'intérêt des victimes de crimes internationaux ».
Selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio, les deux responsables se sont « directement engagés dans des efforts de la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n'a pas consenti à la juridiction de la Cour », sans exemples précis. Washington, qui a signé le Statut de Rome en 2000 sans jamais le ratifier, accuse la Cour d'être « politisée » — une nouvelle salve dans une série de sanctions déjà imposées à plusieurs responsables de la Cour, qui leur interdit l'entrée aux États-Unis et l'accès au système financier américain.
Ces mesures prolongent la contestation par Washington des enquêtes de la CPI visant Israël, allié des États-Unis : la Cour avait délivré en 2024 un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour la guerre à Gaza. Celui-ci a salué les sanctions sur X, qualifiant la CPI de « tribunal fantoche qui habille son abus de pouvoir du langage du droit international ».
Le soutien à la Cour s'est vite organisé côté européen. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa ont affirmé « soutenir fermement » l'institution, jugeant que ses juges doivent pouvoir « agir en toute indépendance, sans pression extérieure ». La ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, a qualifié la situation de « profondément préoccupante ».
À Dacca, la presse reprend fidèlement ces prises de position occidentales sans y ajouter de réaction institutionnelle propre. L'épisode illustre néanmoins, pour les lecteurs bangladais, la fragilité d'un ordre juridique international mis à l'épreuve par le rapport de force entre grandes puissances — une légitimité affaiblie au sommet dont les conséquences rejaillissent aussi sur les États plus modestes qui s'appuient sur le même système multilatéral.
SOURCES (2)
- The Daily StarMOYEN
- TBS Top NewsMOYEN
