ANGLE DOMINANT
Washington tranche : la CPI est un tribunal « corrompu et profondément politisé » ayant « outrepassé son mandat », justifie le département d'État, tandis que la presse américaine se divise sur la légitimité de l'offensive.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le département d'État a sanctionné mardi la présidente de la CPI, la juge japonaise Tomoko Akane, et le procureur sénégalais Abdoulaye Seye, gelant leurs avoirs sous juridiction américaine (ABC News, Fox News, Time).
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Le secrétaire d'État Marco Rubio a qualifié la CPI de tribunal « corrompu et profondément politisé » ayant « outrepassé son mandat » (Fox News, Time).
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Neuf des dix-huit juges de la CPI, ses deux procureures adjointes, son ancienne procureure en chef et un autre membre du parquet sont désormais sous sanctions américaines (ABC News).
ANALYSE
Washington, 20 août 2026. Le département d'État a annoncé mardi de nouvelles sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale, la juge japonaise Tomoko Akane, et contre le procureur sénior sénégalais Abdoulaye Seye. Les mesures gèlent leurs avoirs sous juridiction américaine et les coupent de tout contact avec le système financier des États-Unis, leur interdisant de facto l'entrée sur le territoire.
Le secrétaire d'État Marco Rubio a justifié la décision en qualifiant la CPI de tribunal « corrompu et profondément politisé », qui a selon lui « abusé de son autorité de façon malveillante et outrepassé son mandat ». Les deux responsables visés, précise-t-il, se sont « directement engagés dans les efforts de la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n'a pas consenti à la juridiction de la Cour ». Rubio évoque une « campagne pangouvernementale » destinée à « démanteler la menace » que représente selon lui la CPI, et dit espérer que d'autres pays cessent à leur tour de la financer.
Ces sanctions s'appuient sur un décret signé par Donald Trump en février 2025, qui affirme que Washington « s'oppose sans équivoque » à toute action de la CPI contre les États-Unis, Israël ou tout allié n'ayant pas consenti à sa juridiction — ni les États-Unis ni Israël n'étant parties au Statut de Rome. Neuf des dix-huit juges de la Cour sont désormais visés par des sanctions américaines, ainsi que ses deux procureures adjointes, son ancienne procureure en chef et un autre membre du parquet.
La presse documente la décision selon des lignes éditoriales contrastées. Fox News rappelle que la CPI a enquêté sur d'éventuels crimes de guerre américains en Afghanistan et délivré des mandats d'arrêt contre des responsables israéliens pour la guerre à Gaza, présentant les sanctions comme la défense d'une souveraineté nationale menacée. Time relève à l'inverse que Trump avait déjà sanctionné, lors de son premier mandat, la procureure Fatou Bensouda et un autre haut responsable, avant que l'administration Biden ne lève ces mesures — suggérant une politique cyclique plutôt qu'une réponse ponctuelle. La Cour, citée par ABC News et Time, dénonce une « attaque flagrante » contre son indépendance et affirme vouloir continuer d'exercer son mandat « avec indépendance et impartialité ».
