ANGLE DOMINANT
Paris mesure le coût pour ses propres magistrats : État fondateur du Statut de Rome, la France compte déjà un juge sanctionné, Nicolas Guillou, avant même que Washington ne s'en prenne à la présidence de la Cour.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un juge français, Nicolas Guillou, figure parmi les treize magistrats de la CPI déjà sanctionnés par les États-Unis (HuffPost France).
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La CPI a dénoncé une « attaque flagrante contre l'indépendance d'une institution judiciaire impartiale » (RFI).
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Les sanctions répondent notamment au dossier Palestine, à l'origine des mandats d'arrêt de 2024 contre Benyamin Netanyahu (Le Monde).
ANALYSE
Paris, 20 août 2026. Pour la France, État fondateur de la Cour pénale internationale et partie au Statut de Rome depuis sa création, l'annonce par Washington de nouvelles sanctions contre la présidente de la Cour, la juge japonaise Tomoko Akane, et contre le substitut du procureur, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye, ne relève pas d'un différend lointain. Un juge français, Nicolas Guillou, figure déjà parmi les treize magistrats visés par le régime de sanctions relancé par l'administration Trump, rappelle le HuffPost France. Cette fois, c'est la présidence même de l'institution qui est atteinte, une première.
La CPI a dénoncé, mercredi, une « attaque flagrante contre l'indépendance d'une institution judiciaire impartiale », estimant que « c'est l'ordre juridique international lui-même qui est mis en péril », selon les propos rapportés par RFI. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a justifié la mesure en qualifiant la Cour de « supranationale corrompue et politisée à l'extrême », promettant qu'aucun citoyen américain ne serait « déporté outre-mer pour y être jugé pour des délits imaginaires ».
Selon Le Monde, les sanctions portent à treize le nombre de magistrats ciblés, auxquels s'ajoutent trois ONG palestiniennes et la rapporteuse spéciale de l'ONU Francesca Albanese. Elles répondent aux enquêtes de la Cour visant Israël, qui ont abouti en 2024 à des mandats d'arrêt contre Benyamin Netanyahu pour la guerre à Gaza, mais aussi, souligne le quotidien, à des suspicions de crimes de guerre américains en Afghanistan et de tortures de la CIA en Europe.
Face à cette offensive, l'Union européenne a affiché un soutien appuyé : Ursula von der Leyen et Antonio Costa ont affirmé soutenir « fermement » la présidente Akane, tandis que Berlin a jugé « d'importance centrale » de protéger la Cour. Tokyo, principal bailleur de la CPI, a qualifié les sanctions de « très regrettables ». Sud Ouest note que le Venezuela et le Tchad ont déjà quitté la Cour sous la pression diplomatique lancée par Rubio en juillet, un précédent qui inquiète les capitales attachées à l'universalité du traité signé par la France en 1998.
SOURCES (4)
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
