ANGLE DOMINANT
Washington presse l'Europe de puiser dans ses stocks de gazole pour soulager des consommateurs, agriculteurs et routiers américains confrontés à des prix en hausse de 70 % depuis le début de la guerre avec l'Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon l'AAA citée par NBC News, le diesel a progressé de 70 % depuis le début de la guerre avec l'Iran et atteignait 6,38 dollars le gallon jeudi 1er octobre.
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Scott Bessent a écrit sur X que les agriculteurs, routiers et entreprises américains ne devaient pas porter seuls le fardeau d'une pénurie mondiale de diesel.
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Mercredi 30 septembre, Trump disait « penser » encore à une interdiction d'exporter le diesel, tout en évoquant un possible « impact négatif sur l'essence » (CNBC).
ANALYSE
Washington, 2 octobre 2026. L'administration Trump a intensifié jeudi 1er octobre sa campagne pour que les Européens libèrent du gazole de leurs stocks d'urgence nationaux. Selon NBC News, la Maison Blanche juge que ces volumes accroîtraient l'offre mondiale et pourraient limiter la flambée des prix. Le prix moyen du diesel aux États-Unis a bondi de 70 % depuis le début de la guerre avec l'Iran et atteignait 6,38 dollars le gallon jeudi, d'après l'association AAA.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a écrit sur X que les partenaires européens devaient « accélérer la livraison de leurs engagements existants » et rendre des volumes supplémentaires disponibles « immédiatement ». Il a ajouté que les agriculteurs, routiers et entreprises américains « ne doivent pas porter seuls le fardeau d'une pénurie mondiale de diesel ». Peu après, Donald Trump a dit aux journalistes que Washington « pourrait » demander à l'Europe de libérer une partie de ses réserves d'urgence.
Le représentant au Commerce, Jamieson Greer, a affirmé sur Bloomberg depuis Milwaukee, où se tenait la réunion des ministres du Commerce du G20, que l'Europe devrait libérer une partie de ses réserves. Il n'a toutefois pas laissé entendre que Washington avait obtenu d'engagements fermes, et a dit « adorer » une réponse collaborative à la crise du diesel.
La presse américaine souligne aussi les hésitations de la Maison Blanche sur l'arme inverse, l'interdiction des exportations américaines. Mercredi 30 septembre, selon CNBC, Trump disait y « réfléchir » encore, tout en notant un possible « impact négatif sur l'essence » ; l'industrie pétrolière avertit qu'une telle mesure obligerait les raffineries à réduire leur production et finirait par renchérir l'énergie aux États-Unis. Bloomberg parle d'un appétit présidentiel « refroidi » par le risque de hausses de prix involontaires.
Le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, avait assuré mercredi, aux côtés de Trump dans le Bureau ovale, que des annonces européennes de nouvelles fournitures de diesel feraient baisser les prix « de façon significative ». NBC note que jeudi soir, ces annonces ne s'étaient pas concrétisées. Wright reconnaît des approvisionnements « tendus », les raffineurs américains tournant à des niveaux record.
À moins de cinq semaines des élections de mi-mandat, NBC rappelle que les républicains cherchent tous les moyens de faire baisser les prix du carburant à la pompe. Le récit retenu outre-Atlantique est celui d'une facture domestique à alléger, plus que d'un différend avec Bruxelles.
