ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte l'appel de Washington comme l'aveu d'une pénurie de gazole née de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, que les Européens sont priés d'éponger avant les élections de mi-mandat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Scott Bessent a écrit sur X que « les agriculteurs, les routiers et les entreprises américains ne doivent pas porter le fardeau d'une pénurie mondiale de diesel » (Sputnik, Vedomosti).
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Selon Reuters cité par Vedomosti, la Maison Blanche demande à l'UE de mettre 120 millions de barils de diesel sur le marché en six mois, sous peine d'un embargo américain.
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Le prix moyen du diesel dans l'UE a atteint un record de 2,24 euros le litre, avec des sommets dans 12 États membres (TASS, d'après l'AFP).
ANALYSE
Moscou, 2 octobre 2026. Les agences russes traitent l'épisode comme un symptôme de la crise énergétique provoquée par la guerre contre l'Iran. Sputnik, dans une dépêche publiée vendredi 2 octobre, rapporte que le secrétaire au Trésor Scott Bessent a demandé aux pays européens de mettre des volumes supplémentaires à disposition. Il cite son message sur X : « Les agriculteurs, les routiers et les entreprises américains ne doivent pas porter le fardeau d'une pénurie mondiale de diesel. L'Amérique fait sa part. » Le texte inscrit cet appel dans « la guerre américano-israélienne contre l'Iran », qui perturbe les marchés de l'énergie.
Vedomosti détaille la pression exercée sur Bruxelles. Le quotidien reprend l'information de Reuters du 1er octobre : la Maison Blanche aurait exigé de l'Allemagne et de la France qu'elles libèrent du diesel de leurs réserves d'urgence. Faute d'accord, Washington pourrait interdire l'exportation de diesel américain. Selon une autre source de l'agence, la demande porterait sur 120 millions de barils à écouler dans les six mois suivants.
Interfax rapporte, depuis Moscou, les propos tenus jeudi 1er octobre par le secrétaire à l'Énergie Chris Wright. Washington demandera à l'Europe de débloquer une partie de ses stocks stratégiques. Il se dit « tout à fait sûr » que les Européens s'exécuteront et estime que les prix du diesel ont probablement atteint un pic. L'agence ajoute un élément de politique intérieure américaine : selon Politico, la Maison Blanche étudierait un embargo de 90 jours sur les exportations, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre. The Hill relève toutefois que l'exécutif juge ces informations inexactes.
Le versant européen est traité par TASS, depuis Paris. L'agence relaie l'AFP : le prix moyen du diesel dans l'Union atteint un record de 2,24 euros le litre, contre 2,23 la semaine précédente, avec des sommets historiques dans douze États membres, dont la Belgique, l'Italie, la Pologne et la Roumanie.
L'ensemble dessine un récit où les États-Unis, eux aussi touchés par la hausse des prix, se tournent vers leurs alliés pour partager la charge. Les textes consultés ne citent ni la Commission européenne ni les gouvernements concernés. Ils laissent aussi hors champ la réunion des ministres du Commerce du G20 et la position de Maroš Šefčovič.
