ANGLE DOMINANT
Doha mesure la pression américaine sur les stocks européens de gazole à l'aune de la guerre contre l'Iran et des records de prix, des deux côtés de l'Atlantique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon Reuters repris par Gulf Times, Washington a demandé à l'UE de libérer 120 millions de barils de diesel sur six mois, d'après une source européenne.
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Le diesel américain a atteint un record de 6,53 dollars le gallon et douze États membres de l'UE ont enregistré des plus hauts historiques, selon Al Jazeera.
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Trump a déclaré jeudi que son administration « pourrait » demander aux Européens de libérer leurs stocks, après l'appel de Scott Bessent à le faire « immédiatement ».
ANALYSE
Doha, 2 octobre 2026. Les médias qatariens traitent l'affaire du diesel comme une conséquence directe de la guerre contre l'Iran et de la flambée des prix. Gulf Times, reprenant Reuters, rapporte que l'administration Trump a dit à l'Allemagne et à la France de puiser dans leurs stocks d'urgence de gazole, faute de quoi elles s'exposeraient à une possible interdiction américaine d'exporter, selon trois personnes proches des discussions. Le texte parle d'une « escalation » de la pression sur l'Europe, alors que Donald Trump envisage une telle interdiction pour faire baisser les prix avant les élections de mi-mandat de novembre.
Le quotidien insiste sur le dilemme européen : relâcher des stocks pour calmer les prix à la pompe, ou les conserver en cas d'aggravation de la crise si Washington et Téhéran ne concluent pas d'accord de paix. Une source européenne affirme que les États-Unis ont demandé la mise sur le marché de 120 millions de barils sur six mois. L'Agence internationale de l'énergie n'a pas encore sollicité Berlin, précise le ministère allemand de l'Économie, et la Commission, l'Allemagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Irlande se sont concertés jeudi. Le journal rappelle aussi que la relation transatlantique s'est dégradée sous Trump, entre litiges douaniers et désaccords sur les dépenses militaires.
Al Jazeera s'attache aux déclarations publiques. Jeudi, Trump a dit que son administration « pourrait » demander aux Européens de libérer leurs réserves, peu après l'appel du secrétaire au Trésor Scott Bessent à les rendre disponibles « immédiatement ». Le secrétaire à l'Énergie Chris Wright se dit « très confiant » quant à l'effet d'un déblocage, et le représentant au Commerce Jamieson Greer estime que Paris, Berlin et Rome « aimeraient » une voie coopérative. Le commissaire européen au Commerce juge une interdiction américaine « inattendue » mais lourde de conséquences pour l'économie européenne.
La chaîne place ces annonces dans le contexte des prix : le diesel américain a atteint un record de 6,53 dollars le gallon il y a une semaine, et douze États membres de l'UE ont enregistré des plus hauts historiques, dont l'Italie, la Belgique, la Roumanie et la Pologne. Elle met en regard la cote de popularité de Trump, tombée à 32 %, et les interrogations sur le levier iranien dans le détroit d'Ormuz. Le fil commun des deux titres est celui d'une crise d'approvisionnement née du conflit, dont Washington demande à l'Europe de partager le fardeau.
