ANGLE DOMINANT
Buenos Aires rattache la mort de Maricarmen Abascal à sa propre réalité : des retraités locataires dont les revenus ne suivent plus le prix du loyer.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
María del Carmen Abascal, 87 ans, est morte mercredi 7 octobre à l'hôpital Gregorio Marañón, après son expulsion du 23 septembre d'un appartement occupé depuis plus de 70 ans (La Nación, Infobae).
- 02
La Nación relie le cas à la situation des retraités locataires argentins, en citant un rapport de Matías Araujo (Fundación Tejido Urbano) qui compare l'Espagne et l'Argentine.
- 03
Perfil rapporte que Sánchez a convoqué des élections anticipées pour le 29 novembre après le rejet de deux décrets sur le logement, et que le Syndicat appelle à une grève générale en novembre.
ANALYSE
Buenos Aires, 8 octobre 2026. La presse argentine consacre une large place à la mort de María del Carmen Abascal, dite Maricarmen, annoncée mercredi 7 octobre par le Syndicat des locataires de Madrid. Elle avait 87 ans et est morte à l'hôpital Gregorio Marañón, où elle était hospitalisée depuis son expulsion du 23 septembre, après plus de 70 ans dans le même appartement.
La Nación choisit un angle national. Son article rappelle que la photo de la vieille dame évacuée sur un brancard a fait le tour du monde, puis il pose une question qui concerne l'Argentine : que se passe-t-il quand on arrive à la vieillesse en étant locataire, avec des revenus qui ne sont plus les mêmes ? Le journal précise que Maricarmen n'avait pas cessé de payer : elle versait le montant que sa retraite pouvait couvrir, mais pas l'augmentation exigée. Il s'appuie sur un rapport de Matías Araujo, de la Fundación Tejido Urbano, qui compare les trajectoires résidentielles de l'Espagne et de l'Argentine, et affirme que le cas a des points de contact avec une situation qui touche de plein fouet les retraités argentins.
Infobae, depuis sa rubrique espagnole, suit l'événement en direct. Le site attribue à l'expulsion l'étincelle d'une indignation contre la politique du logement, avec manifestations et campements, surtout à la Puerta del Sol, et il relie deux décrets rejetés au Congrès aux élections générales. Il reprend le Syndicat, pour qui « le rentismo tue », ainsi que le message de Pedro Sánchez (« Tout mon affection à la famille de Maricarmen ») et la réponse de Alberto Núñez Feijóo : « Ni campagne, ni partis, ni utilisation intéressée. » Il cite aussi la réaction très dure du porte-parole d'ERC, Gabriel Rufián, et la vidéo enregistrée à l'hôpital, où Maricarmen espérait que son cas « serve pour que cela n'arrive pas à d'autres ».
Perfil insiste sur la dimension politique. Après une minute de silence, les manifestants ont marché vers le Congrès en criant « Maricarmen vit, la lutte continue ». Le journal rappelle que Sánchez a annoncé lundi des élections anticipées pour le 29 novembre, après le rejet de deux décrets sur le logement, que le campement de Sol continue malgré cela et que le Syndicat a appelé à une grève générale pour le logement en novembre. Pour les trois médias, Maricarmen est devenue un symbole, et son décès survient après qu'un accord pour son retour chez elle eut été trouvé, sans qu'il ait pu se concrétiser.
SOURCES (3)
- La NaciónMOYEN
- PerfilMOYEN
