ANGLE DOMINANT
Paris retient de la mort de Maricarmen Abascal le visage d'une crise sociale : une retraitée de 87 ans devenue symbole d'un logement devenu inaccessible aux Espagnols.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Maricarmen Abascal, 87 ans, est morte le 7 octobre, après son expulsion le 23 septembre d'un appartement occupé depuis près de 70 ans (BFMTV, Le Monde).
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Son loyer avait augmenté de 275 %, à 2 650 euros par mois ; le prix moyen à la location a presque doublé en dix ans selon Idealista (BFMTV).
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Le rejet au Parlement des mesures d'urgence sur le logement a conduit Pedro Sánchez à convoquer des élections anticipées le 29 novembre (France 24, 20 Minutes).
ANALYSE
Paris, 8 octobre 2026. La presse française traite la mort de Maricarmen Abascal comme l'aboutissement d'une histoire devenue le visage d'une crise sociale. Morte mercredi 7 octobre à 87 ans, la retraitée avait été expulsée le 23 septembre, sur un brancard, de l'appartement du quartier du Retiro qu'elle occupait depuis près de soixante-dix ans. Le Monde rappelle que ce logement avait été loué par son père dès 1956 sous le régime des loyers anciens, et qu'après huit ans de conflit avec la société propriétaire, un accord lui offrait un nouveau bail qu'elle n'a pas eu le temps de signer.
Les comptes rendus s'appuient largement sur le communiqué de l'Union des locataires de Madrid : « Nous avons le regret d'annoncer que Maricarmen est décédée aujourd'hui », saluant un combat qui avait marqué « un tournant dans l'histoire de ce pays ». Le syndicat a aussi jugé que « cette solution est venue trop tard » et que « le prix payé » pour placer le logement au centre du débat était « trop important ». BFMTV précise que le loyer avait été relevé de 275 %, à 2 650 euros par mois, et que le dernier recours devant le Tribunal suprême avait échoué.
L'image de la rue prend une place centrale. Sud Ouest et HuffPost décrivent des centaines de manifestants près du Parlement scandant « Maricarmen vit, la lutte continue », venus de la Puerta del Sol où ils campent depuis dix jours, avec bougies et minute de silence. Le Monde cite aussi des slogans plus durs, dont « Ce n'est pas une mort, c'est un assassinat », et note que les manifestants mettent en cause à la fois le gouvernement socialiste et le Parti populaire, qui dirige la ville et la région de Madrid.
La dimension politique est rapportée avec sobriété. France 24 et 20 Minutes, qui reprend l'AFP, rappellent que le gouvernement minoritaire de gauche avait présenté des mesures d'urgence, notamment un durcissement des conditions d'expulsion et le renouvellement tacite des baux. Leur rejet au Parlement la semaine précédente a conduit Pedro Sánchez à convoquer des élections anticipées le 29 novembre.
Le contexte économique sert d'explication plus que de sujet. BFMTV indique que le prix moyen du mètre carré à la location a presque doublé en dix ans, à 15,1 euros en août selon Idealista, et que les locations touristiques de type Airbnb et les « fonds vautours » sont accusés de faire flamber les prix. Le cas d'une octogénaire, estime la chaîne, « illustre de façon brutale » cette crise.
SOURCES (6)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
- BFMTVMOYEN
