ANGLE DOMINANT
Varsovie retient de la mort de Maricarmen Abascal la chaîne qui mène de son expulsion aux élections anticipées espagnoles du 29 novembre, le logement devenant l'enjeu politique du pays.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Maricarmen Abascal, 87 ans, a été expulsée le 23 septembre d'un logement loué par sa famille depuis 1956 ; sa mort a été annoncée mercredi par le syndicat des locataires de Madrid (RMF24).
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Faute de majorité au Congrès pour les projets de protection des locataires, Pedro Sánchez a dissous le Parlement et fixé des élections anticipées au 29 novembre (Rzeczpospolita).
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Un retour dans l'appartement avait été négocié avec un loyer plafonné à 30 % des revenus nets, mais le syndicat estime qu'il est arrivé trop tard (Rzeczpospolita, RMF24).
ANALYSE
Varsovie, 8 octobre 2026. Rzeczpospolita et RMF24 rapportent la mort, annoncée mercredi 7 octobre par le syndicat des locataires de Madrid, de Maricarmen Abascal, 87 ans. Le 23 septembre, elle avait été sortie de son appartement sur un brancard par des secouristes et conduite directement à l'hôpital, d'où elle n'est pas ressortie.
Les deux titres détaillent le contentieux. Selon Rzeczpospolita, elle occupait le logement en vertu d'anciennes règles, avec un loyer d'environ 500 euros, qu'elle a payé pendant plusieurs années de procédure. Le nouveau propriétaire, un fonds d'investissement que le quotidien dit qualifié de « vautour » en Espagne, l'aurait relevé à environ 1 650 euros, soit 300 euros de plus que sa retraite. RMF24 évoque une hausse de 500 à 2 650 euros, ensuite ramenée à 1 650, et précise que la famille louait l'appartement depuis 1956. La société Urbagestión lui a proposé de revenir à un loyer moindre, mais elle n'a pas signé, étant hospitalisée.
Rzeczpospolita rapporte qu'un retour au domicile avait ensuite été négocié par ses avocats avec la médiation des autorités de Madrid, avec un loyer plafonné à 30 % de ses revenus nets. Le syndicat, cité par RMF24 d'après la BBC, juge que la solution est arrivée trop tard et que son histoire fut un « tournant dans l'histoire du pays », mais à un prix trop élevé. Dans un enregistrement publié par le syndicat, elle disait : « Je n'ai pas réussi à défendre ma maison, mais je me suis battue pour que d'autres apprennent à se battre ».
Le volet politique domine dans Rzeczpospolita. Les manifestations pour le droit au logement ont conduit à un vote du Congrès des députés sur des projets gouvernementaux visant notamment à limiter les expulsions de personnes dans sa situation et à renforcer les droits des locataires. Faute de majorité, Pedro Sánchez a dissous le Parlement et convoqué des élections anticipées le 29 novembre. Le titre du quotidien lie ainsi directement l'expulsion à ce scrutin.
RMF24 insiste sur la rue : une manifestation avait accompagné l'expulsion, la police a utilisé du gaz poivré et interpellé des participants, et la Puerta del Sol, centre des protestations depuis deux semaines, a vu les manifestants s'y rassembler après l'annonce du décès. Pedro Sánchez a présenté ses condoléances à la famille sur les réseaux sociaux. Pour le média, l'affaire est devenue le symbole d'une crise du logement croissante et a provoqué une tempête politique.
