ANGLE DOMINANT
Lima retient de la mort de Maricarmen Abascal un symbole : celui d'une octogénaire expulsée dont l'image a embrasé l'Espagne et précipité des élections anticipées.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Maricarmen Abascal, 87 ans, est morte mercredi 7 octobre à l'hôpital Gregorio Marañón de Madrid, selon le Syndicat des locataires (Sindicato de Inquilinas), après une expulsion le 23 septembre.
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Selon Diario Correo, le loyer avait augmenté de 275 %, à 2 650 euros par mois, après le rachat de l'immeuble par une société immobilière ; l'expulsion avait été confirmée par le Tribunal suprême.
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Pedro Sánchez a convoqué des élections anticipées pour le 29 novembre, après l'échec de deux décrets sur le logement abrogés par le Congrès, selon El Comercio et RPP.
ANALYSE
Lima, 8 octobre 2026. La presse péruvienne traite la mort de Maricarmen Abascal comme un événement qui dépasse le fait divers. La República écrit que cette femme de 87 ans, dont l'expulsion du 23 septembre « encendió a toda España », a « généré l'avance des élections ». Elle est morte mercredi 7 octobre à l'hôpital Gregorio Marañón de Madrid, où elle était hospitalisée depuis son évacuation ; le journal compte quatorze jours, RPP quinze.
Les quatre médias s'accordent sur la source de l'annonce : le Syndicat des locataires, dont le communiqué dit « Lamentamos comunicar que en el día de hoy ha fallecido Maricarmen » et salue son « ejemplo de lucha ». Selon RPP, le syndicat ajoute qu'un « acuerdo histórico » lui aurait permis de rentrer chez elle, mais que cette solution est arrivée « demasiado tarde », au terme d'un « proceso torturante ».
La República détaille l'histoire du logement. Maricarmen Abascal était arrivée en 1956 rue Alcalde Sainz de Baranda, dans le quartier du Retiro. En 2018, la société Urbagestión a racheté l'immeuble, jugé son contrat échu et proposé soit l'achat du logement pour environ 250 000 euros, soit un loyer de 1 650 euros, face à une pension d'environ 1 400 euros. Elle continuait de payer 450 euros. Le journal précise que l'expulsion était légale : un tribunal de Madrid avait d'abord rejeté la demande, avant que l'Audiencia Provincial puis le Tribunal suprême donnent raison à l'entreprise. Diario Correo, lui, retient une hausse de loyer de 275 %, à 2 650 euros mensuels.
RPP insiste sur la scène : une femme en fauteuil roulant, 30 minutes pour rassembler ses affaires, évacuée sur un brancard devant des centaines de personnes criant « ¡Maricarmen, no estás sola! » et « ¡Asesinos! ». El Comercio rappelle que le Premier ministre Pedro Sánchez a convoqué lundi des élections anticipées pour le 29 novembre, après l'échec de deux décrets destinés à atténuer la crise. RPP précise que le Congrès les a abrogés, ce qui a précipité le scrutin.
Les mobilisations occupent la suite du récit : des manifestations dans plusieurs villes espagnoles et, selon El Comercio, des centaines de personnes campant depuis dix jours sur la Puerta del Sol, qui ont observé une minute de silence à l'annonce du décès. Le quotidien cite une phrase relevée sur place : « El debate de la vivienda está en el centro, pero el costo para llegar hasta aquí ha sido demasiad[o] ». Le traitement reste factuel et compassionnel, centré sur la trajectoire d'une personne devenue emblème.
SOURCES (4)
- El Comercio PerúMOYEN
- RPP NoticiasMOYEN
- La República PerúMOYEN
- Diario CorreoMOYEN
