ANGLE DOMINANT
Lisbonne retient de la mort de Maricarmen Abascal l'image d'une octogénaire devenue symbole de la lutte pour le logement, relayée surtout par les protestations de rue à Madrid.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Maricarmen Abascal, 87 ans, est morte à l'hôpital Gregorio Marañón de Madrid, où elle était hospitalisée depuis son expulsion du 23 septembre (SAPO Notícias).
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Des centaines de manifestants ont marché de la Puerta del Sol au Congrès des députés, où deux décrets gouvernementaux sur le logement avaient été rejetés la semaine précédente (Observador).
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Une grève générale est fixée au 11 novembre et les manifestants promettent de poursuivre la lutte pour le droit au logement (Observador).
ANALYSE
Lisbonne, 8 octobre 2026. La presse portugaise traite la mort de Maricarmen Abascal comme un événement avant tout humain et social, porté par la rue madrilène. SAPO Notícias présente la femme de 87 ans comme « símbolo da luta pelo direito à habitação » : elle est morte à l'hôpital Gregorio Marañón de Madrid, où elle se trouvait depuis le 23 septembre, jour où elle a dû quitter le logement qu'elle occupait depuis 1956 dans le centre de la capitale. L'annonce est venue du Syndicat des locataires, qui a rappelé l'une de ses phrases : « Lutem, continuem a lutar pelo que é vosso ».
SAPO précise que l'expulsion a été exécutée en application d'une décision de justice donnant raison au fonds d'investissement propriétaire de l'appartement. Sous le mot d'ordre « Nem mais uma Maricarmen », des milliers de personnes ont défilé dans plusieurs villes espagnoles pour réclamer des réformes plus profondes, dont le renouvellement automatique des baux et des mesures contre la spéculation immobilière. Selon le même article, la famille, sa représentante légale, le syndicat et la société propriétaire, Urbagestión Desarrollo e Inversión SL, avaient trouvé un accord fin septembre.
Le bulletin de nuit de l'Observador met l'accent sur la scène de mercredi soir. Des centaines de personnes campées à la Puerta del Sol ont marché jusqu'au Congrès des députés, là où, la semaine précédente, deux décrets du gouvernement sur le logement avaient été rejetés. Les manifestants ont scandé que Maricarmen « não morreu, foi assassinada » ; une minute de silence a été observée et des bougies ont été allumées, aussi devant l'immeuble du quartier du Retiro où elle avait vécu 70 ans. Le média rappelle les images de la vieille dame évacuée sur un brancard par les pompiers, qui en ont fait un symbole de la crise du logement en Espagne, et le bail signé par son père en 1956, transmis ensuite à sa mère.
Les deux médias relaient la mobilisation à venir : les manifestants promettent de ne pas quitter la rue et une grève générale est fixée au 11 novembre. Le contexte politique espagnol, élections anticipées comprises, reste en arrière-plan dans ces deux textes, qui s'attachent surtout au destin personnel de Maricarmen et à la colère qu'il suscite.
