ANGLE DOMINANT
Rome retient le visage plus que le dossier : la presse italienne fait de Maricarmen Abascal le symbole d'une Espagne descendue dans la rue pour le droit au logement.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Maricarmen Abascal, 87 ans, est morte le 7 octobre à l'hôpital Gregorio Marañón de Madrid, hospitalisée depuis son expulsion du 23 septembre (ANSA, Adnkronos).
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Selon l'ANSA, le loyer est passé de 500 à 2 650 euros par mois après le rachat de l'immeuble par Urbangestion en 2020.
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Le Syndicat des locataires dit qu'un accord permettant son retour est arrivé « trop tard » et qualifie l'expulsion de « situation absolument évitable » (Libero, Adnkronos).
ANALYSE
Rome, 8 octobre 2026. La presse italienne a annoncé le 7 octobre la mort de Maricarmen Abascal, 87 ans, à l'hôpital Gregorio Marañón de Madrid, où elle était hospitalisée depuis son expulsion du 23 septembre. L'ANSA la présente comme « il volto della battaglia per il diritto alla casa in Spagna » et rappelle qu'elle vivait depuis 71 ans dans l'appartement du quartier du Retiro, loué par son père en 1956. Seule, avec un handicap reconnu de 50 %, elle y payait 500 euros par mois.
Le récit italien insiste sur les images. Selon l'ANSA, elle a été emportée sur un brancard, en direct à la télévision, au milieu d'un imposant dispositif de policiers antiémeute qui ont dû fendre une foule de centaines de personnes décidées à empêcher l'évacuation. Ces images « hanno fatto il giro del mondo ». Adnkronos précise que la protestation madrilène, étendue ensuite à tout le pays, est née d'une vidéo relayée par le Daily Mail montrant l'irruption de la police dans l'appartement, dont elle avait barricadé la porte avec des meubles.
Sur la cause, l'ANSA indique que l'immeuble a été racheté par la société Urbangestion et que le loyer a été multiplié par cinq en 2020, jusqu'à 2 650 euros par mois, hors de sa portée. Libero ajoute qu'elle avait mené sept ans de bataille judiciaire contre l'expulsion.
Le Syndicat des locataires, qui a annoncé le décès, est cité par les trois agences et journaux : un « accord historique » lui aurait permis de rentrer chez elle, mais cette solution « est arrivée trop tard ». Il qualifie l'expulsion de « situation absolument évitable, après un processus de torture ». Adnkronos reprend le communiqué, cosigné par sa famille et son avocat, selon lequel manifestations de masse, campements sur les places, élections anticipées et appel à la grève générale sont « un tournant dans l'histoire de ce pays », au « prix beaucoup trop élevé ».
La dimension politique n'est qu'esquissée. La Repubblica, par la plume de son envoyée Benedetta Perilli, cite les condoléances du Premier ministre Pedro Sánchez, « Sentiamo la sua perdita come nostra », et affirme que les pressions du mouvement ont « activé la crise de gouvernement ». Son mot d'ordre, « Lottate, continuate a lottare per ciò che è vostro », est repris par l'ANSA, Adnkronos et Libero comme épitaphe, et l'ANSA y voit l'inspiration de dizaines de milliers d'« indignados » dans toute l'Espagne.
SOURCES (4)
- AdnkronosMOYEN
- Libero QuotidianoMOYEN
