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Loin des chancelleries, la guerre s'écrit sur les cartes locales : à Abala, en Afar, des tirs de célébration ont accompagné la prise de la ville par les forces tigréennes et leurs alliés afars. À Woldiya, en Amhara, un axe routier vers Addis-Abeba se retrouve encerclé. Washington et Bruxelles haussent le ton diplomatique, quatre ans après l'accord de Pretoria.
Les bilans militaires restent invérifiables sur le terrain : l'armée éthiopienne revendique 272 combattants tigréens tués, sans confirmation indépendante possible.
En Afar, les Forces de défense du Tigré (TDF) et le Front uni démocratique révolutionnaire afar, qui leur est allié, ont pris la ville d'Abala, jusque-là tenue par des forces proches de l'armée fédérale, rapporte RFI. Selon une source humanitaire citée par la correspondante de la radio à Addis-Abeba, des tirs de célébration ont marqué la prise de la ville, où des points de contrôle ont ensuite été installés.
En Amhara, la ville-carrefour de Woldiya se trouvait encerclée depuis mercredi, selon RFI et The Guardian. Cet axe routier compte parmi les rares voies reliant la région à Addis-Abeba.
Toujours en Amhara, la milice Fano participe aux combats aux côtés du TPLF, rapporte Le Monde. Ce mouvement armé est en conflit ouvert avec le gouvernement fédéral depuis avril 2023.
En Afar, une source humanitaire a également fait état, jeudi, de tirs d'artillerie lourde alors que des combattants tentaient de prendre la ville de Yallo, près de la frontière tigréenne, selon des propos recueillis par l'AFP et rapportés par The Guardian.
L'ambassadeur des États-Unis en Éthiopie, Ervin Massinga, a qualifié l'offensive du TPLF d'« imperdable » et dit regretter cette décision, selon Capital Ethiopia. Le mouvement tigréen, déjà sanctionné cette année par Washington, avait par ailleurs rejeté la médiation de l'Union africaine conduite par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.
« Nous disposons des outils nécessaires pour sanctionner d'autres responsables qui poussent l'Éthiopie sur la mauvaise voie. »
L'Union européenne appelle de son côté à une désescalade immédiate et à un retour à l'accord de cessation permanente des hostilités, rapporte Capital Ethiopia. Bruxelles dit aussi s'inquiéter des frappes de drones menées par les forces fédérales contre des positions tigréennes et insiste sur le respect du droit humanitaire.
NPR cite l'organisme de recherche ACLED, qui documente des frappes de drones éthiopiennes visant des responsables et des forces du TPLF depuis plusieurs mois, concentrées sur Mekele et le sud du Tigré : un indice que la trêve se fissurait déjà avant cette semaine.
Le 20 septembre, sept groupes d'opposition et mouvements armés ont annoncé la formation d'une coalition, la Coalizione delle forze popolari etiopi per la sopravvivenza, avec pour objectif déclaré de renverser le gouvernement du Parti de la prospérité et d'installer un exécutif de transition inclusif, rapporte l'hebdomadaire italien Internazionale, citant le média éthiopien Addis Standard.
Dans son communiqué, la coalition qualifie le pouvoir d'Abiy Ahmed de « régime dictatorial, personnaliste et génocidaire », selon la même source — une formule qui mesure, pour Internazionale, l'ampleur de la rupture entre Addis-Abeba et une partie de ses périphéries régionales.
L'accord de Pretoria se délitait déjà avant cette semaine : le TPLF avait repris en mai le contrôle de l'administration régionale intérimaire prévue par le texte de 2022, selon des sources reprises par Reuters et relayées par Daily Maverick.
Mercredi, alors que les combats s'étendaient, le premier ministre Abiy Ahmed est rentré à Addis-Abeba après avoir participé au lancement du pipeline pétrolier reliant l'Éthiopie à Djibouti — signe, pour la presse fédérale citée par Fana BC, que l'État reste maître de son calendrier.
À Mekele, un médecin qui dirige un hôpital de la ville, où affluent des blessés des combats, décrit une situation en dégradation constante, sous couvert d'anonymat, selon Sveriges Radio.
« La situation est tendue et elle ne fait qu'empirer. La situation humanitaire est intenable. »
Un chauffeur de taxi anonyme a raconté à l'agence Associated Press, relayée par ABC News, la prise de l'aéroport de Mekele : des combattants du TPLF légèrement armés en ont pris le contrôle sans tirer un coup de feu, un commandant lui annonçant qu'aucun vol n'y atterrirait plus.
Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a indiqué à l'AFP que des accrochages sporadiques se poursuivaient depuis plusieurs mois dans la région avant de s'intensifier ces derniers jours.
Le Tigré est voisin de l'Érythrée et du Soudan, rappelle Le Monde, ce qui alimente les craintes d'une contagion régionale dans une Corne de l'Afrique déjà fragile.
Conseiller du Premier ministre Abiy Ahmed, il a autrefois dirigé le TPLF avant de rejoindre le camp fédéral.
Général de division, ex-chef de la police régionale du Tigré, il a rejoint le gouvernement fédéral.
Le parti a été rayé de la liste des partis politiques autorisés en Éthiopie en 2025.
Elle réunit notamment le TPLF, le Fano amhara et l'OLA oromo, selon Internazionale.
7 perspectives, chacune dans la voix de la presse de son pays.
Addis-Abeba dénonce une offensive « illégale » du TPLF, mise sur les défections et le soutien international pour asseoir sa légitimité, quatre ans après l'accord de Pretoria.
3 sources
Paris scrute la bascule militaire de l'Éthiopie vers une guerre totale, quatre ans après Pretoria, front par front.
3 sources
Rome dissèque la crise éthiopienne comme un défi frontal au pouvoir d'Abiy Ahmed, porté par une coalition à sept groupes armés qui vise à renverser son gouvernement quatre ans après l'accord de Pretoria.
2 sources
Stockholm retient d'abord le prix humain de l'escalade au Tigré, quatre ans après les 600 000 morts de la précédente guerre.
2 sources
Londres décrypte un conflit où chaque camp revendique la défensive, entre aéroports saisis et bilans militaires invérifiables sur le terrain.
2 sources
Washington scrute la fragilisation du pouvoir d'Abiy Ahmed, réélu en juin lors d'un scrutin boycotté par l'opposition, désormais confronté à une alliance de sept groupes armés qui vise à le renverser à Addis-Abeba.
2 sources
Pretoria mesure l'effondrement de l'accord de paix qui porte son nom, quatre ans après l'avoir accueilli, tandis que le TPLF et six autres groupes armés éthiopiens s'allient pour renverser Abiy Ahmed.
3 sources
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
Les forces du TPLF ont pris le contrôle de trois aéroports du Tigré (Mekele, Axoum et Shire), jusque-là tenus par la police fédérale.
Ethiopian Airlines a suspendu ses vols vers ces trois villes après la prise des aéroports.
Les combats se sont étendus aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, aux côtés de groupes armés locaux alliés au TPLF.
Sur la question de savoir quel camp a déclenché les combats, la presse proche du gouvernement éthiopien attribue l'initiative au TPLF, qu'elle qualifie d'offensive « imparable » à visée illégale, tandis qu'une partie de la couverture relaie d'abord la version du TPLF, qui parle de guerre « défensive » face à une offensive fédérale appuyée par drones et artillerie.
Sur la question de ce que représente principalement cette escalade, une partie de la couverture met l'accent sur la fragilisation du pouvoir d'Abiy Ahmed face à une coalition de sept groupes armés, tandis qu'une autre partie centre le récit sur le sort des civils de Mekele et la mémoire des 600 000 morts de la guerre 2020-2022.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Sur la question de la fiabilité des chiffres militaires avancés par l'armée fédérale (pertes infligées, redditions), une partie de la couverture reprend ces chiffres sans réserve explicite d'indépendance, tandis qu'une autre signale explicitement son incapacité à les vérifier de manière indépendante depuis la région.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Ce regroupement décrit les publications analysées, pas la position des habitants de ces pays ni celle de leurs gouvernements.
ANGLE DOMINANT
Addis-Abeba dénonce une offensive « illégale » du TPLF, mise sur les défections et le soutien international pour asseoir sa légitimité, quatre ans après l'accord de Pretoria.
POINTS CLES
ANALYSE
Addis-Abeba, 24 septembre 2026. Pour la presse éthiopienne proche du gouvernement, l'offensive lancée mercredi par le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) n'est pas une guerre défensive mais une rupture unilatérale de la paix de Pretoria. Les forces tigréennes ont pris le contrôle des aéroports de Mekele, Axum et Shire, jusqu'alors tenus par la police fédérale, et ont étendu les combats vers l'Afar et l'Amhara aux côtés de groupes armés locaux, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces trois villes.
À Addis-Abeba, l'accent est mis sur les défections. Fana BC rapporte que le général de division Gebre Adhana, ancien commissaire de la police régionale du Tigré et vétéran du TPLF, a rompu avec ce que les autorités éthiopiennes qualifient de groupe « illégal » pour rejoindre le gouvernement fédéral. Sa décision est présentée comme une conséquence du recrutement d'enfants soldats par le TPLF, accusation reprise par les médias fédéraux.
Le soutien international à l'exécutif d'Abiy Ahmed est également mis en avant. L'ambassadeur américain Ervin Massinga a dénoncé une offensive « imperdable » et jugé regrettable la décision du TPLF, déjà sanctionné cette année par Washington, de rejeter la médiation de l'Union africaine menée par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Il a averti que les États-Unis « disposent des outils nécessaires pour sanctionner d'autres responsables qui poussent l'Éthiopie sur la mauvaise voie », tout en plaidant pour un dialogue politique.
L'Union européenne appelle de son côté à une désescalade immédiate et à un retour à l'accord de cessation permanente des hostilités, tout en exprimant son inquiétude devant les frappes de drones menées par les forces de défense nationale éthiopiennes contre les positions tigréennes. Bruxelles insiste sur le respect du droit humanitaire et condamne toute entrave à l'aide.
Alors que le TPLF évoque désormais une « guerre totale » et revendique une alliance avec six autres groupes armés visant à renverser Addis-Abeba, le Premier ministre Abiy Ahmed, lui, poursuivait mercredi son agenda : il est rentré dans la capitale après avoir participé au lancement du pipeline pétrolier Éthiopie-Djibouti, signe, pour la presse fédérale, que l'État reste maître de son calendrier malgré la crise. Quatre ans après l'accord de Pretoria, censé clore une guerre qui avait fait environ 600 000 morts, c'est cette continuité du pouvoir central, plus que l'ampleur des combats, que la presse d'Addis-Abeba choisit de souligner.
ANGLE DOMINANT
Paris scrute la bascule militaire de l'Éthiopie vers une guerre totale, quatre ans après Pretoria, front par front.
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, jeudi 24 septembre 2026. La presse française décrit une Éthiopie basculant, quatre ans après l'accord de paix de Pretoria, vers un nouveau conflit à grande échelle dans le nord du pays. Le Monde et RFI détaillent, mercredi 23 septembre, la prise par les forces tigréennes et leurs alliés des aéroports de Mekele, d'Axoum et de Shire, ainsi que de la ville d'Abala en Afar, tandis que la ville carrefour de Woldiya, en Amhara, est encerclée depuis le même jour.
Selon RFI, cette offensive coordonnée sur trois fronts a été lancée mardi 22 septembre, deux jours après l'annonce d'une nouvelle coalition de sept groupes armés visant à renverser le gouvernement fédéral d'Abiy Ahmed. En Afar, les Forces de défense du Tigré (TDF), associées au Front uni démocratique révolutionnaire afar, ont pris Abala, jusque-là tenue par des forces alliées à l'armée fédérale : « Il y a eu des tirs pour célébrer leur victoire et des check-points ont été installés autour de la ville », rapporte une source humanitaire citée par la correspondante de RFI à Addis-Abeba. La milice Fano, en conflit ouvert avec Addis-Abeba depuis avril 2023, participe aussi aux combats en Amhara.
Le Monde restitue les accusations croisées qui accompagnent cette escalade. Les autorités de fait du Tigré affirment que le gouvernement fédéral a « ouvertement lancé une invasion et une attaque contre [le TPLF], appuyée par de l'infanterie », ajoutant que leur armée « a reçu l'ordre de contrecarrer cette attaque et cette invasion génocidaire, et s'est engagée dans une bataille défensive ». En sens inverse, Getachew Reda, ministre éthiopien des affaires est-africaines et ancien cadre du TPLF, accuse les rebelles d'avoir « lancé une offensive de grande envergure contre les positions gouvernementales dans les régions de l'Afar et de l'Amhara ».
Les médias français rappellent le contexte : l'accord de 2022 avait mis fin à deux ans d'une guerre jugée extrêmement meurtrière entre Addis-Abeba et le TPLF, rayé en 2025 de la liste des partis autorisés. Le Tigré est voisin de l'Érythrée et du Soudan, ce qui alimente déjà les craintes d'une contagion régionale dans une Corne de l'Afrique déjà fragile.
À ce stade, la couverture française privilégie le récit militaire, front par front, plus que le sort des populations civiles ou l'issue diplomatique de cette crise.
ANGLE DOMINANT
Rome dissèque la crise éthiopienne comme un défi frontal au pouvoir d'Abiy Ahmed, porté par une coalition à sept groupes armés qui vise à renverser son gouvernement quatre ans après l'accord de Pretoria.
POINTS CLES
ANALYSE
Rome, 24 septembre 2026. Pour la presse italienne, ce qui se joue en Éthiopie n'est pas seulement une reprise des combats dans le Tigré : c'est un défi frontal au pouvoir d'Abiy Ahmed. L'hebdomadaire Internazionale titre sans détour « Una sfida al potere di Abiy » et situe l'origine du basculement au 20 septembre, jour où sept groupes d'opposition et mouvements armés ont annoncé la formation d'une alliance, la Coalizione delle forze popolari etiopi per la sopravvivenza. Selon Addis Standard, citée par l'hebdomadaire, cette coalition réunit le Mouvement national amhara Fano, l'Armée de libération oromo (OLA) et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), avec un objectif déclaré : renverser le gouvernement du Parti de la prospérité et installer un exécutif de transition inclusif. La coalition qualifie le pouvoir d'Abiy de « regime dittatoriale, personalistico e genocida » — un régime qu'elle juge dictatorial, personnaliste et génocidaire —, accusation qui, pour Internazionale, mesure l'ampleur de la rupture entre Addis-Abeba et une partie de ses périphéries régionales.
C'est dans ce climat que le 23 septembre, gouvernement et TPLF se sont mutuellement accusés d'avoir repris les hostilités. La Repubblica détaille la séquence militaire : un assaut à l'aube sur l'aéroport de Macallé, suivi d'actions similaires sur les aéroports d'Axoum et de Shire. En quelques heures, les rebelles du Tigré ont pris le contrôle de trois nœuds aériens cruciaux du nord éthiopien. Conséquence immédiate, rapportée par le quotidien romain : Ethiopian Airlines a annulé tous ses vols vers la région, par crainte que ces prises ne soient la mèche d'une escalade. Internazionale confirme, via l'AFP, que les forces tigréennes ont pris le contrôle de l'aéroport de Mekele et se sont affrontées à l'armée gouvernementale dans la région voisine de l'Afar, faisant craindre un retour à la guerre.
Pour la presse italienne, l'enjeu dépasse la carte militaire : c'est la survie même du gouvernement Abiy qui est posée, quatre ans après l'accord de paix de Pretoria censé clore un conflit qui avait ravagé un pays de 139 millions d'habitants. La formation d'une coalition à sept, mêlant mouvements amhara, oromo et tigréen, est lue à Rome comme le signe d'une contestation qui dépasse le seul Tigré et vise directement le sommet de l'État éthiopien.
ANGLE DOMINANT
Stockholm retient d'abord le prix humain de l'escalade au Tigré, quatre ans après les 600 000 morts de la précédente guerre.
POINTS CLES
ANALYSE
Stockholm, 24 septembre 2026. Depuis les studios de Sveriges Radio, la crise éthiopienne se lit d'abord par la voix des habitants de Mekele plutôt que par celle des chancelleries. Ni l'ONU ni l'Union européenne ne figurent dans les dépêches suédoises publiées ces dernières heures : ce sont un médecin anonyme et un correspondant en Afrique de l'Est qui portent le récit.
Le service public suédois rapporte que les rebelles du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) ont pris le contrôle de l'aéroport de Mekele, poussant la compagnie nationale Ethiopian Airlines à suspendre, selon ses mots, « på obestämd tid » (jusqu'à nouvel ordre) l'ensemble de ses vols vers la région. Un médecin qui dirige un hôpital de la ville, où sont soignés des blessés des combats entre l'armée et les rebelles, décrit à Sveriges Radio une situation qui ne cesse de se dégrader : « Läget är spänt och det blir bara värre och värre. Den humanitära situationen är ohållbar », dit-il, sous couvert d'anonymat - la situation est tendue et ne fait qu'empirer, la situation humanitaire est intenable.
Le tabloïd Aftonbladet, citant l'AFP, relaie les mots d'Amanuel Assefa, vice-président du TPLF : les combats touchent désormais trois régions, le Tigré, l'Afar et l'Amhara, et les deux camps sont engagés dans un « fullskaligt krig », une guerre totale, contre les forces gouvernementales. Selon lui, des accrochages sporadiques duraient depuis des mois avant de s'intensifier ces derniers jours.
La correspondante Afrique de Sveriges Radio, Mona Ismail Jama, qui a recueilli des témoignages sur place, rappelle que le gouvernement avait cherché à contenir les rebelles à l'intérieur du Tigré, avant que des informations ne fassent état d'une avancée rebelle vers les régions voisines, à laquelle Addis-Abeba aurait répondu par des frappes de drones sur des cibles situées à l'intérieur même du Tigré. Elle souligne que la population locale redoute un retour à la guerre totale, en mémoire du conflit de 2020-2022, qui avait fait 600 000 morts.
Aucun des trois articles suédois consultés ne mentionne les appels à la retenue de l'ONU ou de l'UE, ni la menace américaine de sanctions relayée ailleurs : le prisme retenu à Stockholm reste celui du terrain, des vols coupés et des stocks de nourriture, plutôt que celui des capitales occidentales.
ANGLE DOMINANT
Londres décrypte un conflit où chaque camp revendique la défensive, entre aéroports saisis et bilans militaires invérifiables sur le terrain.
POINTS CLES
ANALYSE
Londres, 24 septembre 2026. Pour la presse britannique, la nouvelle flambée de violence dans le nord de l'Éthiopie se lit d'abord comme un affrontement militaire dont chaque camp revendique la défensive, sans qu'aucune version ne puisse être vérifiée depuis le terrain. Mercredi, les forces tigréennes ont pris le contrôle de trois aéroports jusque-là tenus par la police fédérale, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers Mekele, Shire et Axum, rapporte la BBC. Dans la foulée, des combats ont éclaté dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, où le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) affirme avoir mené des attaques aux côtés de groupes armés locaux.
Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir déclenché les hostilités. Getachew Reda, conseiller du Premier ministre Abiy Ahmed et ancien dirigeant tigréen passé au gouvernement fédéral, dénonce une offensive tous azimuts du TPLF contre les positions gouvernementales en Afar et en Amhara. À l'inverse, les autorités du Tigré assurent être entrées dans une « guerre défensive », évoquant des frappes de drones sur leur territoire. Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a résumé la situation à l'AFP, cité par la BBC et The Guardian : « We are in the situation of full-blown war now. »
L'armée éthiopienne, dans sa première déclaration depuis le début des combats mercredi, affirme avoir repoussé les attaques dans l'Amhara, près de la frontière tigréenne, et revendique 272 soldats du TPLF tués. La BBC souligne toutefois ne pouvoir vérifier ces chiffres de façon indépendante, précisant qu'elle n'est pas en mesure de faire des reportages depuis le Tigré et les zones environnantes.
L'escalade survient trois jours après l'annonce, dimanche, d'une alliance entre le TPLF et six autres groupes armés éthiopiens visant à renverser le gouvernement d'Addis-Abeba. Elle ranime le souvenir de la guerre de 2020-2022, qui avait fait environ 600 000 morts selon le médiateur de l'Union africaine, avant l'accord de paix de Pretoria en 2022 — un accord que les deux camps s'accusent désormais de violer depuis plusieurs mois.
Selon des sources sécuritaires citées par l'AFP et reprises par The Guardian, les combattants tigréens ont aussi pris la ville d'Abala, à la frontière entre le Tigré et l'Afar, tandis que des combats se déroulaient autour de Weldiya, dans l'Amhara — l'un des rares axes routiers menant à Addis-Abeba.
ANGLE DOMINANT
Washington scrute la fragilisation du pouvoir d'Abiy Ahmed, réélu en juin lors d'un scrutin boycotté par l'opposition, désormais confronté à une alliance de sept groupes armés qui vise à le renverser à Addis-Abeba.
POINTS CLES
ANALYSE
Washington, 24 septembre 2026. Deux médias américains, NPR et ABC News, dressent le même constat : l'Éthiopie glisse vers une nouvelle guerre dans le Tigré, quatre ans après l'accord de paix de 2022. Selon NPR, les forces tigréennes ont pris le contrôle de plusieurs aéroports de la région, tandis que les combats se sont étendus aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. Ethiopian Airlines a suspendu ses vols vers Mekele, Axum et Shire.
Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir déclenché l'offensive. Getachew Reda, conseiller du Premier ministre Abiy Ahmed, dénonce une « offensive totale » (« all-out offensive ») du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) contre les positions gouvernementales. Les autorités tigréennes répondent que leurs forces réagissent « défensivement » aux attaques des troupes fédérales. NPR cite l'organisme de recherche ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project), qui documente des frappes de drones éthiopiennes visant des responsables et des forces du TPLF ces derniers mois, concentrées sur Mekele et le sud du Tigré.
ABC News rapporte le récit d'un chauffeur de taxi, resté anonyme par crainte de représailles, selon lequel la prise de l'aéroport de Mekele, habituellement sous contrôle fédéral, s'est faite par des combattants du TPLF armés légèrement, sans coup de feu. Un commandant lui aurait ordonné de quitter les lieux, annonçant qu'aucun vol n'atterrirait plus.
La presse américaine relie surtout cette escalade à la fragilisation du pouvoir d'Addis-Abeba. Le Parti de la prospérité d'Abiy Ahmed a conservé le pouvoir lors des élections générales de juin, boycottées par les principaux groupes d'opposition. Trois jours avant la prise de l'aéroport, sept groupes, dont le TPLF, ont annoncé la formation d'une alliance visant à renverser Abiy Ahmed et à établir une administration de transition.
NPR rappelle que la guerre du Tigré (2020-2022) fut l'un des conflits les plus meurtriers de l'époque récente, avec un bilan estimé à environ 600 000 morts, avant l'accord de paix de novembre 2022. Depuis juillet, des frappes de drones sont signalées dans la région, le gouvernement tigréen en attribuant la responsabilité aux forces fédérales.
ANGLE DOMINANT
Pretoria mesure l'effondrement de l'accord de paix qui porte son nom, quatre ans après l'avoir accueilli, tandis que le TPLF et six autres groupes armés éthiopiens s'allient pour renverser Abiy Ahmed.
POINTS CLES
ANALYSE
Pretoria, 24 septembre 2026. Quatre ans après avoir accueilli la signature de l'accord de paix qui porte son nom, Pretoria voit resurgir la guerre qu'elle croyait avoir aidé à clore. Mercredi, les forces du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) ont pris le contrôle de trois aéroports du nord de l'Éthiopie — Mekele, Shire et Axum — jusque-là tenus par la police fédérale, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces villes, rapportent Daily Maverick, TimesLIVE et Business Day, citant Reuters.
Les deux camps se rejettent la responsabilité des combats. L'administration régionale dirigée par le TPLF affirme être entrée dans une « guerre défensive » face à « l'intensification de l'invasion menée par diverses méthodes par le régime autocratique et génocidaire de la Prospérité d'Abiy Ahmed contre le peuple du Tigré », selon son communiqué. En sens inverse, Getachew Reda, conseiller d'Abiy Ahmed et ancien dirigeant du TPLF, écrit que ce sont les forces tigréennes qui ont saisi les aéroports fédéraux et lancé une « offensive totale » contre les positions gouvernementales dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara.
L'escalade suit l'annonce, dimanche, d'une alliance entre le TPLF et six autres groupes armés éthiopiens visant à renverser le gouvernement d'Addis-Abeba. Selon quatre sources — un responsable gouvernemental éthiopien, une source diplomatique, une source humanitaire et une source proche du TPLF —, les forces tigréennes combattent désormais aux côtés d'un groupe armé local en Afar et de la milice Fano en Amhara.
L'accord de Pretoria, signé en novembre 2022 après une guerre civile ayant fait des centaines de milliers de morts, se délitait déjà : le TPLF avait repris en mai le contrôle de l'administration régionale intérimaire prévue par le texte, tandis que l'armée éthiopienne multipliait les frappes de drones contre les forces tigréennes ces derniers mois, selon les données du projet Armed Conflict Location & Event Data. Addis-Abeba affirme de son côté que près de 300 combattants tigréens se sont rendus la semaine dernière.
Pour la presse sud-africaine, l'enjeu dépasse la diplomatie régionale : c'est la crédibilité même du processus négocié sur son sol qui vacille, quatre ans après avoir porté l'espoir d'une paix durable dans la Corne de l'Afrique.
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