ANGLE DOMINANT
Addis-Abeba dénonce une offensive « illégale » du TPLF, mise sur les défections et le soutien international pour asseoir sa légitimité, quatre ans après l'accord de Pretoria.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les forces du TPLF ont pris mercredi le contrôle des aéroports de Mekele, Axum et Shire, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces trois villes
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Le général de division Gebre Adhana, ancien commissaire de la police régionale du Tigré, a rompu avec le TPLF pour rejoindre le gouvernement fédéral, celui-ci évoquant le recrutement d'enfants soldats par le TPLF
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L'ambassadeur américain Ervin Massinga a averti que Washington dispose des outils pour sanctionner d'autres responsables du TPLF si l'offensive se poursuit
ANALYSE
Addis-Abeba, 24 septembre 2026. Pour la presse éthiopienne proche du gouvernement, l'offensive lancée mercredi par le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) n'est pas une guerre défensive mais une rupture unilatérale de la paix de Pretoria. Les forces tigréennes ont pris le contrôle des aéroports de Mekele, Axum et Shire, jusqu'alors tenus par la police fédérale, et ont étendu les combats vers l'Afar et l'Amhara aux côtés de groupes armés locaux, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces trois villes.
À Addis-Abeba, l'accent est mis sur les défections. Fana BC rapporte que le général de division Gebre Adhana, ancien commissaire de la police régionale du Tigré et vétéran du TPLF, a rompu avec ce que les autorités éthiopiennes qualifient de groupe « illégal » pour rejoindre le gouvernement fédéral. Sa décision est présentée comme une conséquence du recrutement d'enfants soldats par le TPLF, accusation reprise par les médias fédéraux.
Le soutien international à l'exécutif d'Abiy Ahmed est également mis en avant. L'ambassadeur américain Ervin Massinga a dénoncé une offensive « imperdable » et jugé regrettable la décision du TPLF, déjà sanctionné cette année par Washington, de rejeter la médiation de l'Union africaine menée par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Il a averti que les États-Unis « disposent des outils nécessaires pour sanctionner d'autres responsables qui poussent l'Éthiopie sur la mauvaise voie », tout en plaidant pour un dialogue politique.
L'Union européenne appelle de son côté à une désescalade immédiate et à un retour à l'accord de cessation permanente des hostilités, tout en exprimant son inquiétude devant les frappes de drones menées par les forces de défense nationale éthiopiennes contre les positions tigréennes. Bruxelles insiste sur le respect du droit humanitaire et condamne toute entrave à l'aide.
Alors que le TPLF évoque désormais une « guerre totale » et revendique une alliance avec six autres groupes armés visant à renverser Addis-Abeba, le Premier ministre Abiy Ahmed, lui, poursuivait mercredi son agenda : il est rentré dans la capitale après avoir participé au lancement du pipeline pétrolier Éthiopie-Djibouti, signe, pour la presse fédérale, que l'État reste maître de son calendrier malgré la crise. Quatre ans après l'accord de Pretoria, censé clore une guerre qui avait fait environ 600 000 morts, c'est cette continuité du pouvoir central, plus que l'ampleur des combats, que la presse d'Addis-Abeba choisit de souligner.
SOURCES (3)
- Fana BCMOYEN
- Capital EthiopiaMOYEN
- Capital EthiopiaMOYEN
