ANGLE DOMINANT
Pretoria mesure l'effondrement de l'accord de paix qui porte son nom, quatre ans après l'avoir accueilli, tandis que le TPLF et six autres groupes armés éthiopiens s'allient pour renverser Abiy Ahmed.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les forces du TPLF ont pris mercredi le contrôle de trois aéroports (Mekele, Shire, Axum) tenus jusque-là par la police fédérale, forçant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces villes.
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Le TPLF a annoncé dimanche une alliance avec six autres groupes armés éthiopiens visant à renverser le gouvernement d'Abiy Ahmed.
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Getachew Reda, conseiller d'Abiy Ahmed et ancien dirigeant du TPLF, affirme que les forces tigréennes combattent désormais aux côtés d'un groupe armé local en Afar et de la milice Fano en Amhara.
ANALYSE
Pretoria, 24 septembre 2026. Quatre ans après avoir accueilli la signature de l'accord de paix qui porte son nom, Pretoria voit resurgir la guerre qu'elle croyait avoir aidé à clore. Mercredi, les forces du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) ont pris le contrôle de trois aéroports du nord de l'Éthiopie — Mekele, Shire et Axum — jusque-là tenus par la police fédérale, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces villes, rapportent Daily Maverick, TimesLIVE et Business Day, citant Reuters.
Les deux camps se rejettent la responsabilité des combats. L'administration régionale dirigée par le TPLF affirme être entrée dans une « guerre défensive » face à « l'intensification de l'invasion menée par diverses méthodes par le régime autocratique et génocidaire de la Prospérité d'Abiy Ahmed contre le peuple du Tigré », selon son communiqué. En sens inverse, Getachew Reda, conseiller d'Abiy Ahmed et ancien dirigeant du TPLF, écrit que ce sont les forces tigréennes qui ont saisi les aéroports fédéraux et lancé une « offensive totale » contre les positions gouvernementales dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara.
L'escalade suit l'annonce, dimanche, d'une alliance entre le TPLF et six autres groupes armés éthiopiens visant à renverser le gouvernement d'Addis-Abeba. Selon quatre sources — un responsable gouvernemental éthiopien, une source diplomatique, une source humanitaire et une source proche du TPLF —, les forces tigréennes combattent désormais aux côtés d'un groupe armé local en Afar et de la milice Fano en Amhara.
L'accord de Pretoria, signé en novembre 2022 après une guerre civile ayant fait des centaines de milliers de morts, se délitait déjà : le TPLF avait repris en mai le contrôle de l'administration régionale intérimaire prévue par le texte, tandis que l'armée éthiopienne multipliait les frappes de drones contre les forces tigréennes ces derniers mois, selon les données du projet Armed Conflict Location & Event Data. Addis-Abeba affirme de son côté que près de 300 combattants tigréens se sont rendus la semaine dernière.
Pour la presse sud-africaine, l'enjeu dépasse la diplomatie régionale : c'est la crédibilité même du processus négocié sur son sol qui vacille, quatre ans après avoir porté l'espoir d'une paix durable dans la Corne de l'Afrique.
