ANGLE DOMINANT
Londres décrypte un conflit où chaque camp revendique la défensive, entre aéroports saisis et bilans militaires invérifiables sur le terrain.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Mercredi, le TPLF a pris le contrôle de trois aéroports fédéraux, poussant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers Mekele, Shire et Axum.
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L'armée éthiopienne affirme avoir repoussé les attaques en Amhara et revendique 272 soldats du TPLF tués, un bilan que la BBC ne peut vérifier indépendamment.
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Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a déclaré à l'AFP : « We are in the situation of full-blown war now », trois jours après l'annonce d'une alliance de sept groupes armés contre Addis-Abeba.
ANALYSE
Londres, 24 septembre 2026. Pour la presse britannique, la nouvelle flambée de violence dans le nord de l'Éthiopie se lit d'abord comme un affrontement militaire dont chaque camp revendique la défensive, sans qu'aucune version ne puisse être vérifiée depuis le terrain. Mercredi, les forces tigréennes ont pris le contrôle de trois aéroports jusque-là tenus par la police fédérale, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers Mekele, Shire et Axum, rapporte la BBC. Dans la foulée, des combats ont éclaté dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, où le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) affirme avoir mené des attaques aux côtés de groupes armés locaux.
Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir déclenché les hostilités. Getachew Reda, conseiller du Premier ministre Abiy Ahmed et ancien dirigeant tigréen passé au gouvernement fédéral, dénonce une offensive tous azimuts du TPLF contre les positions gouvernementales en Afar et en Amhara. À l'inverse, les autorités du Tigré assurent être entrées dans une « guerre défensive », évoquant des frappes de drones sur leur territoire. Le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a résumé la situation à l'AFP, cité par la BBC et The Guardian : « We are in the situation of full-blown war now. »
L'armée éthiopienne, dans sa première déclaration depuis le début des combats mercredi, affirme avoir repoussé les attaques dans l'Amhara, près de la frontière tigréenne, et revendique 272 soldats du TPLF tués. La BBC souligne toutefois ne pouvoir vérifier ces chiffres de façon indépendante, précisant qu'elle n'est pas en mesure de faire des reportages depuis le Tigré et les zones environnantes.
L'escalade survient trois jours après l'annonce, dimanche, d'une alliance entre le TPLF et six autres groupes armés éthiopiens visant à renverser le gouvernement d'Addis-Abeba. Elle ranime le souvenir de la guerre de 2020-2022, qui avait fait environ 600 000 morts selon le médiateur de l'Union africaine, avant l'accord de paix de Pretoria en 2022 — un accord que les deux camps s'accusent désormais de violer depuis plusieurs mois.
Selon des sources sécuritaires citées par l'AFP et reprises par The Guardian, les combattants tigréens ont aussi pris la ville d'Abala, à la frontière entre le Tigré et l'Afar, tandis que des combats se déroulaient autour de Weldiya, dans l'Amhara — l'un des rares axes routiers menant à Addis-Abeba.
