ANGLE DOMINANT
Paris scrute la bascule militaire de l'Éthiopie vers une guerre totale, quatre ans après Pretoria, front par front.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les forces tigréennes et leurs alliés ont pris les aéroports de Mekele, d'Axoum et de Shire ainsi que la ville d'Abala en Afar, et encerclent Woldiya en Amhara depuis le 23 septembre (RFI).
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Les autorités du Tigré accusent Addis-Abeba d'avoir lancé une invasion « appuyée par de l'infanterie », tandis que le ministre Getachew Reda accuse le TPLF d'avoir « lancé une offensive de grande envergure » en Afar et en Amhara (Le Monde).
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L'offensive du 22 septembre survient deux jours après l'annonce d'une coalition de sept groupes armés visant à renverser le gouvernement fédéral d'Abiy Ahmed (RFI).
ANALYSE
Paris, jeudi 24 septembre 2026. La presse française décrit une Éthiopie basculant, quatre ans après l'accord de paix de Pretoria, vers un nouveau conflit à grande échelle dans le nord du pays. Le Monde et RFI détaillent, mercredi 23 septembre, la prise par les forces tigréennes et leurs alliés des aéroports de Mekele, d'Axoum et de Shire, ainsi que de la ville d'Abala en Afar, tandis que la ville carrefour de Woldiya, en Amhara, est encerclée depuis le même jour.
Selon RFI, cette offensive coordonnée sur trois fronts a été lancée mardi 22 septembre, deux jours après l'annonce d'une nouvelle coalition de sept groupes armés visant à renverser le gouvernement fédéral d'Abiy Ahmed. En Afar, les Forces de défense du Tigré (TDF), associées au Front uni démocratique révolutionnaire afar, ont pris Abala, jusque-là tenue par des forces alliées à l'armée fédérale : « Il y a eu des tirs pour célébrer leur victoire et des check-points ont été installés autour de la ville », rapporte une source humanitaire citée par la correspondante de RFI à Addis-Abeba. La milice Fano, en conflit ouvert avec Addis-Abeba depuis avril 2023, participe aussi aux combats en Amhara.
Le Monde restitue les accusations croisées qui accompagnent cette escalade. Les autorités de fait du Tigré affirment que le gouvernement fédéral a « ouvertement lancé une invasion et une attaque contre [le TPLF], appuyée par de l'infanterie », ajoutant que leur armée « a reçu l'ordre de contrecarrer cette attaque et cette invasion génocidaire, et s'est engagée dans une bataille défensive ». En sens inverse, Getachew Reda, ministre éthiopien des affaires est-africaines et ancien cadre du TPLF, accuse les rebelles d'avoir « lancé une offensive de grande envergure contre les positions gouvernementales dans les régions de l'Afar et de l'Amhara ».
Les médias français rappellent le contexte : l'accord de 2022 avait mis fin à deux ans d'une guerre jugée extrêmement meurtrière entre Addis-Abeba et le TPLF, rayé en 2025 de la liste des partis autorisés. Le Tigré est voisin de l'Érythrée et du Soudan, ce qui alimente déjà les craintes d'une contagion régionale dans une Corne de l'Afrique déjà fragile.
À ce stade, la couverture française privilégie le récit militaire, front par front, plus que le sort des populations civiles ou l'issue diplomatique de cette crise.
