ANGLE DOMINANT
Rome dissèque la crise éthiopienne comme un défi frontal au pouvoir d'Abiy Ahmed, porté par une coalition à sept groupes armés qui vise à renverser son gouvernement quatre ans après l'accord de Pretoria.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sept groupes d'opposition et mouvements armés ont annoncé, le 20 septembre, la formation d'une coalition visant à renverser le gouvernement d'Abiy Ahmed et à installer un exécutif de transition inclusif (Internazionale, citant Addis Standard).
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Les rebelles du Tigré ont pris le contrôle des aéroports de Macallé, Axoum et Shire, provoquant l'annulation de tous les vols d'Ethiopian Airlines vers la région (La Repubblica).
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Le 23 septembre, gouvernement éthiopien et TPLF se sont mutuellement accusés d'avoir repris les hostilités, avec des combats signalés dans la région voisine de l'Afar (Internazionale, citant l'AFP).
ANALYSE
Rome, 24 septembre 2026. Pour la presse italienne, ce qui se joue en Éthiopie n'est pas seulement une reprise des combats dans le Tigré : c'est un défi frontal au pouvoir d'Abiy Ahmed. L'hebdomadaire Internazionale titre sans détour « Una sfida al potere di Abiy » et situe l'origine du basculement au 20 septembre, jour où sept groupes d'opposition et mouvements armés ont annoncé la formation d'une alliance, la Coalizione delle forze popolari etiopi per la sopravvivenza. Selon Addis Standard, citée par l'hebdomadaire, cette coalition réunit le Mouvement national amhara Fano, l'Armée de libération oromo (OLA) et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), avec un objectif déclaré : renverser le gouvernement du Parti de la prospérité et installer un exécutif de transition inclusif. La coalition qualifie le pouvoir d'Abiy de « regime dittatoriale, personalistico e genocida » — un régime qu'elle juge dictatorial, personnaliste et génocidaire —, accusation qui, pour Internazionale, mesure l'ampleur de la rupture entre Addis-Abeba et une partie de ses périphéries régionales.
C'est dans ce climat que le 23 septembre, gouvernement et TPLF se sont mutuellement accusés d'avoir repris les hostilités. La Repubblica détaille la séquence militaire : un assaut à l'aube sur l'aéroport de Macallé, suivi d'actions similaires sur les aéroports d'Axoum et de Shire. En quelques heures, les rebelles du Tigré ont pris le contrôle de trois nœuds aériens cruciaux du nord éthiopien. Conséquence immédiate, rapportée par le quotidien romain : Ethiopian Airlines a annulé tous ses vols vers la région, par crainte que ces prises ne soient la mèche d'une escalade. Internazionale confirme, via l'AFP, que les forces tigréennes ont pris le contrôle de l'aéroport de Mekele et se sont affrontées à l'armée gouvernementale dans la région voisine de l'Afar, faisant craindre un retour à la guerre.
Pour la presse italienne, l'enjeu dépasse la carte militaire : c'est la survie même du gouvernement Abiy qui est posée, quatre ans après l'accord de paix de Pretoria censé clore un conflit qui avait ravagé un pays de 139 millions d'habitants. La formation d'une coalition à sept, mêlant mouvements amhara, oromo et tigréen, est lue à Rome comme le signe d'une contestation qui dépasse le seul Tigré et vise directement le sommet de l'État éthiopien.
