Dans la nuit du 27 au 28 mai 2026, les forces américaines ont abattu quatre drones iraniens et frappé une station de contrôle au sol à Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran. Il s'agit de l'incident le plus grave depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont riposté en visant une base aérienne américaine dans la région du Golfe ; le Koweït a activé ses défenses antiaériennes, sans signaler de victimes.
L'escalade est survenue alors qu'un mémorandum d'entente de soixante jours était en cours de finalisation entre négociateurs américains et iraniens, sans que Donald Trump y ait donné son aval. Ce dernier a rejeté tout accord confiant à l'Iran un rôle dans la gestion du détroit d'Ormuz, affirmant que personne ne contrôlerait ce passage, et menacé Oman d'une action militaire en cas de cogestion irano-omanaise. Sur les marchés, le Brent a rebondi d'environ 3,5 à 4,2 %, effaçant les gains de la veille.
La séquence prolonge un conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur le programme nucléaire iranien. Le cessez-le-feu d'avril avait interrompu les hostilités sans régler les points de friction : statut d'Ormuz, avenir du nucléaire, sanctions et avoirs gelés. Fermé depuis le début du conflit, le détroit conditionne près d'un cinquième du commerce mondial de pétrole et de GNL, exposant les économies asiatiques et européennes à un choc énergétique.
La qualification des faits reste disputée. Plusieurs acteurs présentent les frappes comme défensives et destinées à préserver la trêve, quand d'autres y voient une violation du droit international et du cessez-le-feu. Le statut juridique d'Ormuz divise également : eaux internationales insusceptibles de contrôle pour les uns, droits souverains sur les eaux territoriales pour les autres. Le rejet public du projet d'accord et la menace visant Oman ont fragilisé les canaux de médiation actifs — Pakistan, Qatar, Oman — sans les rompre formellement.