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IRAN/ÉTATS-UNIS : ESCALADE DES 27-28 MAI ET RUPTURE DE LA TRÊVE D'AVRIL
Manille tranche avec anxiété : la nouvelle escalade Iran-États-Unis dans la nuit du 27 au 28 mai menace de torpiller toute sortie de la crise énergétique nationale, juste au moment où le détroit d'Ormuz semblait pouvoir rouvrir.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
Manille, 28 mai 2026. Au moment même où une fenêtre de négociation semblait s'entrouvrir pour rouvrir le détroit d'Ormuz, les Philippines ont appris avec inquiétude les frappes mutuelles qui ont opposé les forces américaines et les Gardiens de la révolution iraniens dans la nuit du 27 au 28 mai. Pour un pays dont le secrétaire à l'Énergie, Sharon Garin, avait qualifié le réseau d'approvisionnement régional de « château de cartes », chaque nouvelle frappe résonne comme une pièce du fragile édifice qui s'effondre.
Les médias philippins ont documenté avec précision le mécanisme de transmission : les grandes raffineries asiatiques de Singapour, de Corée du Sud et de Chine — qui fournissent l'essentiel du carburant importé par l'archipel — dépendent du brut moyen-oriental acheminé via Ormuz. Lorsque ce corridor s'est fermé début 2026, la pénurie de pétrole brut a fait grimper les coûts de raffinage régionaux, entraînant une hausse des primes de risque maritime et des assurances. Résultat : le diesel a franchi le seuil de 130 à 140 pesos le litre et l'essence a dépassé 100 pesos le litre, des niveaux historiques.
Face à cette situation, le président Ferdinand Marcos Jr. a signé le décret exécutif n° 110 instaurant un état d'urgence énergétique nationale. Sur la base de la loi RA 12316, le gouvernement a suspendu temporairement les droits d'accise sur le GPL et le kérosène pour protéger les ménages les plus vulnérables. L'autorité de l'aviation civile a relevé les suppléments carburant sur les vols intérieurs.
C'est dans ce contexte qu'un rapport d'Iran State TV sur un possible cadre en 14 clauses — prévoyant la réouverture du détroit sous gestion conjointe Oman-Iran dans les 30 jours — avait fait naître un bref espoir à Manille. Current PH titrait sur « un rayon d'espoir financier pour les Philippines ». Mais Trump a balayé ce rapport lors d'une réunion du cabinet, affirmant qu'« aucun pays ne contrôlera ce détroit ».
L'escalade de la nuit suivante a confirmé les craintes : l'armée américaine dit avoir abattu quatre drones iraniens et frappé une station de contrôle terrestre à Bandar Abbas, « mesures purement défensives » selon Washington ; l'IRGC a répliqué en ciblant la base américaine d'où provenait l'attaque. Le brut Brent, qui avait cédé 5 % mercredi, a rebondi de plus de 3,75 % à l'annonce des combats.
Pour l'archipel, la dimension humaine s'ajoute à la dimension économique : des centaines de milliers de travailleurs migrants philippins (OFW) sont employés dans les pays du Golfe — Arabie saoudite, Émirats, Koweït, Qatar — qui abritent des bases américaines et ont déjà subi des attaques de drones iraniens. Koweït, qui héberge une grande base américaine, a confirmé répondre à des attaques de missiles et de drones.
Cadrage économico-centré : la couverture philippine privilégie l'impact sur les prix du carburant et la crise énergétique nationale, au détriment des enjeux géopolitiques ou humanitaires en Iran
Préférence pour les sources officielles américaines : les médias PH reprennent presque exclusivement le récit de Washington ('mesures purement défensives') sans donner un espace équivalent à la version iranienne de l'IRGC
Faible couverture des travailleurs migrants : malgré la présence massive d'OFW dans le Golfe, les articles restent peu développés sur les risques concrets d'évacuation ou la situation sur le terrain
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