ANGLE DOMINANT
Copenhague scrute un scrutin islandais suspendu, où l'ombre portée des menaces de Trump sur le Groenland danois pèse davantage que la pêche ou l'euro.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon un sondage Gallup mené du lundi au vendredi auprès d'environ 4 500 Islandais, 51,6% s'opposaient à la reprise des négociations contre 48,4% en faveur — un écart que RUV juge non statistiquement significatif.
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Le projet islandais d'adhésion, entamé sous un gouvernement pro-européen, avait été abandonné en 2013 après qu'un nouveau gouvernement eurosceptique a interrompu les négociations.
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Le Groenland, territoire autonome danois visé par les menaces de Donald Trump, se trouve géographiquement plus proche de l'Islande que du Danemark, selon Berlingske.
ANALYSE
Copenhague, 30 août 2026. Le référendum islandais sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, tenu samedi, occupe la presse danoise sous un angle particulier : celui de la sécurité du Groenland, territoire autonome du royaume de Danemark. Berlingske et Politiken, reprenant une dépêche de l'agence Ritzau, rappellent que le projet islandais avait été abandonné dès 2013, après qu'un gouvernement eurosceptique eut interrompu des négociations entamées quelques années plus tôt. Samedi, les électeurs islandais ne se prononçaient pas sur l'adhésion elle-même, mais sur la reprise des pourparlers — un vote préalable à un éventuel second référendum sur les conditions finales d'entrée, qui exigerait selon l'AFP une révision constitutionnelle avant l'aval des 27 États membres.
Les sondages, eux, ne permettent aucune lecture claire. Un sondage Gallup mené auprès d'environ 4 500 Islandais entre lundi et vendredi donnait 51,6 % de « non » contre 48,4 % de « oui », quand une enquête antérieure de l'institut Maskína, citée par le média islandais Vísir, affichait des chiffres presque inversés. La marge d'erreur habituelle de un à trois points, et le constat de RUV — l'équivalent islandais de la DR danoise — selon lequel l'écart entre les deux camps n'est pas statistiquement significatif, imposent la prudence.
Ce que la presse danoise met en avant, au-delà du sort électoral, c'est la proximité géographique du Groenland : le territoire arctique danois se trouve, selon Berlingske, bien plus près de l'Islande que du Danemark lui-même, ce qui donne un relief particulier aux menaces répétées de Donald Trump d'en prendre le contrôle. L'Islande, sans armée, marine ni aviation, dépend entièrement de l'OTAN et d'un accord bilatéral de 1951 par lequel les États-Unis assument la responsabilité juridique et pratique de sa défense. La hausse du coût de la vie et la guerre en Ukraine sont également citées comme moteurs du regain d'intérêt islandais pour l'UE, aux côtés de l'accès à l'euro et de la participation aux institutions communautaires — Commission, Conseil, Parlement.
