ANGLE DOMINANT
Oslo mesure dans ce vote islandais le risque d'un isolement croissant pour la Norvège, seul grand pays riche à rester hors de l'UE si Reykjavik franchissait le pas.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Après dépouillement de 150 000 bulletins sur environ 270 000 électeurs inscrits, le non devançait de justesse le oui avec 50,1 % contre 49,9 %, selon RUV citée par Aftenposten.
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Les derniers sondages divergeaient : Gallup (24-27 août) donnait le non à 51,6 % contre 48,4 %, tandis que Maskína (28 août) inversait la tendance avec 50,4 % pour le oui.
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La commissaire européenne à l'élargissement Marta Kos a jugé qu'une adhésion islandaise pourrait isoler davantage la Norvège, décrite comme un « membre ultra-riche non membre de l'UE ».
ANALYSE
Oslo, 30 août 2026. Le dépouillement du référendum islandais sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne reste indécis dimanche matin, et la presse norvégienne suit chaque bulletin avec une attention particulière : ce scrutin touche directement au statut de la Norvège elle-même, seul grand pays riche resté hors de l'UE avec l'Islande et le Liechtenstein.
Selon Aftenposten, qui cite la télévision publique islandaise RUV, le camp du non menait avec 50,1 % contre 49,9 % pour le oui après le dépouillement de 150 000 bulletins sur environ 270 000 électeurs inscrits, pour une population de 400 000 habitants. Les sondages précédant le vote ne permettaient pas de trancher : l'enquête Gallup du 24 au 27 août donnait le non en tête à 51,6 % contre 48,4 %, tandis que le sondage Maskína du 28 août inversait la tendance avec 50,4 % pour le oui.
L'écart entre villes et campagnes structure le scrutin : les zones rurales, dépouillées en premier, penchent nettement pour le non, tandis que les villes, où vit la majorité des Islandais mais où le décompte prend plus de temps, favoriseraient le oui.
C'est la déclaration de la commissaire européenne à l'élargissement Marta Kos qui retient l'attention à Oslo. Selon elle, rapportée par The Local Norway, une adhésion islandaise « renforcerait indéniablement les arguments en faveur de l'élargissement de l'UE » et pourrait rebattre les cartes en Norvège, « membre ultra-riche non membre de l'UE », qui « pourrait finir par se retrouver isolée ».
La pêche, pilier économique commun aux deux pays nordiques, reste le nœud du débat. Le pêcheur Bergvin Sævar Guðmundsson, longtemps opposé à Bruxelles, confie à Aftenposten : « Maintenant, je ne sais plus trop. » La ministre des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, europhile assumée, résume l'incertitude : « C'est assez serré, mais je suis toujours optimiste. Ce n'est pas terminé tant que ce n'est pas terminé. »
Le politologue Eirikur Bergmann, de l'université Bifrost, nuance le poids de la géopolitique : le débat reste « très domestique », même si les menaces de Donald Trump sur le Groenland pèsent sur les esprits. Pour la Norvège, membre de l'Espace économique européen comme l'Islande mais elle aussi eurosceptique de longue date, ce référendum ressemble à un miroir : mêmes taux d'intérêt élevés, même dépendance au marché unique, même refus historique de céder le contrôle des eaux poissonneuses.
