ANGLE DOMINANT
Rome retient du référendum islandais moins la question de souveraineté que celle du portefeuille : taux d'intérêt à 8%, euro et pêche pèsent dans la balance autant que l'incertitude du scrutin.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sur environ 273 000 inscrits, 56 774 personnes avaient déjà voté par anticipation avant la veille à midi, dont près de 17 000 depuis l'étranger (ANSA).
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Les sondages se contredisent : Maskína donne le oui à 50,4%, Gallup donne le non à 51,6%, dans les deux cas sous la marge d'erreur (ANSA).
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L'écrivain Ragnar Jónasson relie le vote aux taux d'intérêt islandais, montés à 8%, et à une entrée potentielle dans l'euro (La Repubblica).
ANALYSE
Rome, 30 août 2026. La presse italienne a suivi le référendum islandais sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne comme un scrutin à l'issue imprévisible. L'agence ANSA a relayé deux sondages contradictoires : l'institut Maskína créditait le oui de 50,4% contre 49,6% au non, tandis que Gallup inversait le rapport avec 51,6% pour le non contre 48,4% pour le oui — un écart, dans les deux cas, inférieur à la marge d'erreur. Sur environ 273 000 inscrits, 56 774 personnes avaient déjà voté par anticipation avant la veille à midi, dont près de 17 000 depuis l'étranger, un niveau de participation anticipée inédit dans la région de Reykjavik.
Au-delà du décompte, les correspondances italiennes retiennent surtout l'argument du portefeuille. Dans un entretien à la Repubblica, l'écrivain islandais Ragnar Jónasson, traduit en Italie par Marsilio, explique ce qui le convainc dans le camp du oui : « L'idée d'entrer dans l'euro. Il ne faut pas chercher longtemps pour comprendre que cela permettrait de faire baisser des taux d'intérêt qui sont aujourd'hui à 8%. » Il reconnaît aussitôt la force de l'argument inverse — la fierté d'une indépendance obtenue du Danemark en 1944, et la crainte de perdre le contrôle de la pêche.
Un autre article de la Repubblica, consacré aux europeistes de Reykjavik, résume la stratégie du oui par un slogan volontairement ambigu : « Non votate 'No'! Votate 'Forse'! » — rappelant qu'un vote favorable n'ouvrirait que des négociations, soumises ensuite à un second référendum. The Local Italy, reprenant une dépêche AFP, cite la ministre des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir assurant que « ce n'est pas joué tant que ce n'est pas joué », et évoque des taux hypothécaires grimpant jusqu'à 9% pour certains foyers.
La dimension géopolitique — les menaces de Trump sur le Groenland, à 300 kilomètres des côtes islandaises — reste, dans le corpus italien, subordonnée à l'argument économique plutôt que traitée pour elle-même.
SOURCES (3)
- The Local ItalyMOYEN
