ANGLE DOMINANT
Londres retient dans ce vote au coude-à-coude l'écho de ses propres différends de pêche avec Reykjavik, plus que la dimension sécuritaire pourtant à l'origine du scrutin anticipé.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sur les 153 197 premiers bulletins dépouillés sur 270 000 électeurs, le Non devançait le Oui de seulement 435 voix (50,1 % contre 49,9 %), selon la radio publique RUV citée par la BBC.
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Un sondage Gallup publié vendredi par The Independent donnait une courte majorité au Non, inversant la tendance d'enquêtes antérieures favorables au Oui.
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La pêche représente près de 40 % des exportations islandaises, et les partisans du Non craignent de perdre le contrôle de leurs eaux sous la politique commune des pêches de l'UE, rappelle la BBC.
ANALYSE
Londres, 30 août 2026. Le référendum islandais sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne se joue sur un fil, et la presse britannique suit ce scrutin avec un intérêt particulier hérité de l'histoire : c'est avec le Royaume-Uni que Reykjavik a mené, dans les années 1970, les « Cod Wars », ces confrontations pour le contrôle des eaux de pêche que l'Islande avait alors remportées. La BBC rappelle que « Many Icelanders remember the so-called Cod Wars with the UK that Iceland won in the 1970s », et note que la pêche « was always the issue that stopped Iceland joining the EU before ».
Le dépouillement, lui, ne tranche rien. Sur les 153 197 premiers bulletins comptés sur 270 000 électeurs inscrits, le Non l'emportait de justesse à 50,1 % contre 49,9 % pour le Oui — un écart de seulement 435 voix, selon la radio publique RUV citée par la BBC. Un sondage Gallup publié vendredi par The Independent donnait, lui, une courte majorité opposée à la reprise des pourparlers, inversant une tendance antérieure favorable au Oui.
Pour Londres, l'enjeu dépasse la sécurité arctique — pourtant invoquée par la Première ministre Kristrún Frostadóttir pour justifier l'avancement du scrutin face aux menaces de Donald Trump sur le Groenland. Il tient d'abord au contrôle des eaux territoriales, un sujet familier des relations bilatérales. Près de 40 % des exportations islandaises dépendent de la pêche, et les partisans du Non redoutent de céder une partie de leurs zones sous la politique commune des pêches de l'UE. L'ancienne Première ministre Katrín Jakobsdóttir a résumé cette ligne auprès de The Independent : « it's very important to maintain our sovereignty and not to transfer more power than we would have to do to the EU. »
Le camp du Oui, mené par Frostadóttir, met en avant le coût de la vie : un taux directeur islandais à 8 %, contre 2,25 % pour la Banque centrale européenne. La cheffe de l'opposition Guðrún Hafsteinsdóttir a répliqué que « these are not problems that Brussels will solve for us ». Un Oui n'ouvrirait de toute façon qu'une négociation, soumise à un second référendum et à l'accord des 27 États membres.
