Le 18 mai 2026, le chancelier allemand Friedrich Merz a adressé une lettre formelle aux présidents de la Commission européenne et du Conseil européen proposant un statut de « membre associé » pour l'Ukraine au sein de l'Union. Cette formule prévoit que Kiev participe aux réunions du Conseil européen, de la Commission et du Parlement européen, mais sans droit de vote ni portefeuille. La proposition inclut l'activation de l'article 42.7 du Traité sur l'UE, la clause d'assistance mutuelle, présentée comme une garantie de sécurité substantielle.
Cette initiative répond à un double blocage. L'adhésion pleine, engagée depuis l'octroi du statut de candidat en juin 2022, se heurte à la règle d'unanimité des 27, à des désaccords sur les questions agricoles, budgétaires et d'État de droit, et au précédent que représenterait l'intégration en temps de guerre d'un pays de plus de 40 millions d'habitants. La défaite électorale de Viktor Orbán en Hongrie a néanmoins levé l'un des principaux obstacles institutionnels.
Le contexte sécuritaire pèse aussi : en l'absence de perspective OTAN, la clause d'assistance mutuelle constituerait pour Kiev la principale garantie collective, dans un moment où la médiation américaine s'est en partie reportée vers d'autres crises.
Plusieurs points restent disputés. Certains acteurs voient ce statut comme un tremplin vers l'adhésion ; d'autres, dont l'Ukraine, craignent qu'il fige le pays dans un entre-deux sans calendrier garanti. Des capitales s'inquiètent d'un traitement inéquitable envers les candidats des Balkans occidentaux, engagés de longue date. La lecture juridique de Merz, selon laquelle ce statut ne requiert ni révision des traités ni ratification au titre de l'article 49, est elle-même contestée.