ANGLE DOMINANT
Brésil mesure le désastre népalais à hauteur d'homme : les funérailles sans corps à Katmandou et le témoignage d'un ouvrier de tunnel pèsent plus, dans la presse brésilienne, que le décompte officiel qui varie chaque jour.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
G1 (2 septembre) : bilan népalais mis à jour à 1 204 corps retrouvés et 4 216 disparus, contre 1 114 corps et 3 916 disparus rapportés la veille par l'Estadão.
- 02
La Chine communique un bilan distinct au Tibet : 16 morts et 546 personnes non localisées, selon la presse d'État reprise par G1.
- 03
Le premier ministre australien Anthony Albanese annonce que le nombre d'Australiens disparus est passé de 43 à 38 après que cinq personnes ont été retrouvées en sécurité.
ANALYSE
Brasília, 3 septembre 2026. Une semaine après la crue du Bhote Koshi, la presse brésilienne restitue le désastre népalais moins par les chiffres officiels que par les récits qui les peuplent. G1 et l'Estadão ouvrent leurs comptes rendus du 2 septembre sur les funérailles symboliques organisées à Katmandou : des familles brûlent des effigies de paille pour « libérer l'âme » de proches dont le corps n'a jamais été retrouvé. Dolma Newar Tamang, dont le mari se rendait en Chine au moment de la catastrophe, raconte à l'AFP avoir appelé « plusieurs fois, mais il n'a jamais répondu ».
La Folha de S.Paulo choisit l'angle du tunnel : le témoignage de Pemba Dundu Tamang, ouvrier d'un chantier hydroélectrique sur le Trishuli, qui a couru vingt minutes pour échapper à l'eau et perdu six proches. « Les morts sont en paix. C'est nous, les survivants, qui souffrons », dit-il. Ce choix correspond à un fait répété par plusieurs titres : plus de 99% de l'électricité népalaise vient de l'hydroélectrique, et les équipes chinoises, indiennes et népalaises creusent toujours pour atteindre d'éventuels survivants dans les tunnels.
Les médias brésiliens relèvent, sans toujours la démêler, la confusion des bilans. G1 cite 1 204 corps retrouvés et 4 216 disparus côté népalais au 2 septembre, dans le même article qui évoque « plus de 1 200 morts » et « près de 4 700 disparus » pour le Népal et la Chine réunis. L'Estadão, publié la veille, additionnait déjà 1 114 corps népalais et 16 morts chinois pour annoncer un bilan de 1 130 morts et 4 462 disparus au total — mélangeant deux décomptes de nature différente sans le signaler.
Le premier ministre Balendra Shah, cité par plusieurs titres, qualifie la catastrophe de « coup fulminant » et la relie au changement climatique. La presse brésilienne reprend aussi le chiffre de plus de 800 étrangers disparus dans les deux pays, dont 38 Australiens selon le premier ministre Anthony Albanese et 275 Indiens selon New Delhi. Peu d'articles brésiliens développent en revanche la réouverture de la route côté Tibet ou le coût de la reconstruction des chantiers hydroélectriques, pourtant centraux dans les récits de survivants recueillis par la Folha.
SOURCES (3)
- G1 Globo MundoMOYEN
- EstadãoMOYEN
