ANGLE DOMINANT
Ottawa mesure sa propre part du désastre : 30 Canadiens et résidents permanents portés disparus au Népal, dix agents dépêchés sur place, et des familles à Toronto réduites à fouiller les registres de police faute de nouvelles.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
30 Canadiens et résidents permanents restent portés disparus au Népal, selon la ministre des Affaires étrangères Anita Anand ; Ottawa a dépêché dix agents fédéraux sur place.
- 02
Les bilans divergent d'un article à l'autre : 1 114 morts et près de 4 000 disparus pour les uns, plus de 1 100 morts et environ 4 400 disparus pour les autres.
- 03
Aux chantiers hydroélectriques comme Trishuli-3A, des dizaines de travailleurs piégés dans des tunnels pourraient avoir survécu grâce à des poches d'air, selon la Nepal Electricity Authority.
ANALYSE
Ottawa, jeudi 3 septembre 2026. Une semaine après la crue du Bhote Koshi, Ottawa compte avant tout ses propres disparus. La ministre des Affaires étrangères Anita Anand a confirmé que 30 Canadiens et résidents permanents figurent parmi les personnes toujours introuvables au Népal, un chiffre susceptible d'évoluer à mesure que le gouvernement obtient plus d'informations. Ottawa a dépêché dix agents fédéraux sur place pour appuyer les familles et aider à localiser les disparus.
Le sort d'Ishan Patel, chirurgien orthopédiste torontois en pèlerinage au mont Kailash avec son épouse, sa mère et son beau-père — tous Canadiens ou doubles nationaux canado-américains —, illustre cette attente. Sa cousine Neeral Patel, de Toronto, raconte avoir localisé le dernier signal du téléphone de son cousin près de l'Hotel Kailash, sans nouvelles depuis. « Chaque jour qui passe, l'espoir s'effrite un peu plus, et le temps presse », dit-elle, réclamant « un effort mondial » plutôt qu'une réponse dispersée. Deux proches de la famille se sont rendus à Katmandou pour visiter hôpitaux et morgues, en vain : les routes vers la zone sinistrée restent coupées.
Les bilans eux-mêmes ne s'accordent pas d'un article à l'autre dans la presse canadienne : les uns comptent 1 114 morts et « près de 4 000 » disparus, les autres « plus de 1 100 » morts et « environ 4 400 » disparus — un flou de dépêche que rien ne signale comme tel aux lecteurs.
Les secours concentrent désormais leurs efforts sur les tunnels des chantiers hydroélectriques, où des dizaines de travailleurs pourraient avoir survécu grâce à des poches d'air. Au site de Trishuli-3A, une chambre sèche laisserait espérer une circulation d'oxygène ; des équipes spécialisées d'Inde, de Chine et des États-Unis participent aux opérations. « Nous sommes très confiants qu'il y a de la vie là-dedans », a affirmé Amshu Kiran Shahi, de la Nepal Electricity Authority. Côté tibétain, la réouverture complète de la route vers le poste-frontière de Gyirong a permis, pour la première fois, l'arrivée de machinerie lourde dans la zone sinistrée ; le bilan chinois s'élève à 21 morts et 541 disparus, incluant des ressortissants indiens, népalais et lettons.
SOURCES (3)
- Globe and MailMOYEN
- Global NewsMOYEN
