ANGLE DOMINANT
New Delhi mesure sa propre part du désastre népalais : 163 ressortissants secourus, un profilage ADN engagé pour identifier ses morts, et une équipe de secours toujours prisonnière de la boue des tunnels de Chilime.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
163 ressortissants indiens secourus à ce jour, dont 5 nouveaux en un jour, selon le porte-parole du MEA Randhir Jaiswal (1er septembre).
- 02
Le Maharashtra lance un profilage ADN pour identifier ses morts ; familles convoquées le 3 septembre à Mumbai, Pune et Nashik avec pièce d'identité et au moins deux proches.
- 03
Le Népal réclame une compensation climatique à l'Inde, la Chine et les États-Unis, désignés comme principaux émetteurs mondiaux par le ministre Shisir Khanal.
ANALYSE
New Delhi, jeudi 3 septembre 2026. Une semaine après la crue du Bhote Koshi, l'Inde comptabilise d'abord ses propres blessures. Le ministère des Affaires étrangères annonçait mardi 163 ressortissants indiens secourus, cinq nouveaux en un jour, tandis que 151 avaient quitté la Chine le 1er septembre, selon le porte-parole Randhir Jaiswal. Une équipe indienne de secours en tunnel, après avoir pris pied dans les galeries hydroélectriques de Chilime, se heurte à un accès très restreint, un sol boueux et des limites d'usage du matériel spécialisé ; à l'aide de « méthodes innovantes et de flotteurs improvisés », elle a progressé plus profondément et poursuit ses recherches d'éventuels survivants piégés. Une équipe médico-légale de 19 membres opère depuis le 30 août à Katmandou.
Sur le sol indien, le Maharashtra a lancé un profilage ADN pour identifier les citoyens décédés : les familles doivent se présenter ce 3 septembre dans les laboratoires de Mumbai, Pune ou Nashik, avec trois photos et une pièce d'identité, en présence d'au moins deux proches. New Delhi a par ailleurs envoyé un cinquième avion — 11 secouristes, du matériel spécialisé, 5,5 tonnes de médicaments —, portant à plus de 68 tonnes le total de l'aide livrée, a précisé le chef de la diplomatie S. Jaishankar.
Le Premier ministre népalais Balen Shah a remercié l'Inde et la Chine devant le Parlement, décrivant une boue « si sévère que ni les excavatrices, ni l'armée, ni la police armée n'avaient où se tenir ». Mais Katmandou a aussi ouvert un autre front : le ministre des Affaires étrangères Shisir Khanal a nommément désigné l'Inde, la Chine et les États-Unis comme principaux émetteurs mondiaux, réclamant une compensation climatique plutôt qu'une aide caritative. Le bilan que rapportait la presse indienne mercredi — 1 127 corps, 4 858 disparus — a depuis été révisé par Katmandou à 1 204 corps et 4 216 personnes recherchées, les chiffres successifs continuant de varier. Une alerte crue est par ailleurs signalée sur le Sun Koshi, le Budhi Gandaki et le Mahakali, la mousson restant active.
SOURCES (3)
- SwarajyaMOYEN
- Deccan ChronicleMOYEN
- Free Press JournalMOYEN
