ANGLE DOMINANT
Paris interroge la part du changement climatique et des coupes budgétaires américaines dans l'ampleur du désastre népalais, plus que le seul décompte des corps retrouvés à Rasuwa.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le programme américain Servir, qui « cartographiait les glaciers et surveillait les lacs glaciaires potentiellement dangereux » selon Jeremy Konyndyk, a été supprimé en 2025 par l'administration Trump via le Doge d'Elon Musk
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Le bilan combiné Népal-Tibet atteint 1 130 morts et 4 462 disparus selon BFMTV, contre 1 114 morts et 3 916 disparus pour le seul Népal - dont 16 morts et 546 disparus recensés côté tibétain
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La jeunesse de Katmandou, à travers des témoignages recueillis par RFI (Aayush, Suraj Raj Pandey), réclame des réparations financières aux pays les plus émetteurs de carbone
ANALYSE
Paris, 3 septembre 2026. Une semaine après la crue du Bhote Koshi, la presse française retient moins le décompte macabre - qui varie selon les bulletins entre 1 114 et 1 204 corps retrouvés, et jusqu'à 4 462 disparus si l'on additionne les 546 personnes portées disparues côté tibétain aux 3 916 recensées au Népal - que la question de savoir si le désastre était évitable.
RFI documente les critiques d'anciens responsables de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) contre la suppression, décidée en 2025 par l'administration Trump, du programme Servir. Ce dispositif associant la Nasa, l'USAID et l'Icimod « fournissait des données détaillées sur le risque d'inondation, cartographiait les glaciers et surveillait les lacs glaciaires potentiellement dangereux », rappelle Jeremy Konyndyk, ancien responsable de la réponse aux catastrophes à l'USAID, démantelée par le Département de l'Efficacité gouvernementale confié à Elon Musk. Impossible d'établir avec certitude qu'un système d'alerte plus sophistiqué aurait sauvé des vies, mais la question circule dans les rédactions parisiennes.
Autre fil suivi depuis Katmandou par une correspondante de RFI : la colère de la jeunesse népalaise, qui réclame des comptes aux pays les plus pollueurs. « Ce n'est pas juste. Justice doit être rendue », lance Aayush, 31 ans, rappelant que le Népal figure parmi les plus faibles émetteurs de carbone par habitant. Suraj Raj Pandey, 29 ans, réclame des réparations financières « à hauteur réelle du préjudice causé », jugeant son pays démuni de « la résilience économique » nécessaire face à ces catastrophes.
Le volet humanitaire n'est pas absent : 20 Minutes recueille le témoignage de Mona Sherpa, directrice de l'ONG Care au Népal, qui décrit des « villages entiers ensevelis sous la boue » et un district de Rasuwa coupé du monde après la disparition de 40 kilomètres de route. BFMTV relaie de son côté l'appel de l'office du tourisme népalais, pour qui voyager dans le pays reste « un geste de solidarité », le secteur pesant 6,4 % du PIB en 2024.
SOURCES (3)
- 20 MinutesMOYEN
- BFMTVMOYEN
