ANGLE DOMINANT
Brésil distingue nettement l'hommage populaire rendu à Belgrade du verdict resté intact de La Haye, rappelant que la condamnation de 2017 pour génocide n'a pas été rouverte par la foule qui a salué Ratko Mladic en héros.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Des milliers de personnes se sont rassemblées à l'église Saint-Luc de Belgrade, où le corps de Mladic est resté exposé cinq heures avant le cortège funèbre
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Mladic a été condamné en 2017 pour génocide à Srebrenica (plus de 8 000 hommes et adolescents musulmans tués en juillet 1995) et pour le siège de Sarajevo
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La commissaire européenne Marta Kos a annulé sa visite prévue en Serbie le 9 septembre, jugeant la glorification de Mladic incompatible avec les valeurs de l'UE
ANALYSE
Brasília, 8 septembre 2026. Les journaux brésiliens qui couvrent les obsèques de Ratko Mladic à Belgrade insistent sur un contraste : celui entre l'hommage populaire rendu lundi au « boucher de Bosnie » et le verdict resté intact du tribunal international qui l'a condamné en 2017 à la perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Selon l'Estadão et la Folha, des milliers de personnes se sont massées devant l'église orthodoxe Saint-Luc, où le corps de Mladic, exposé pendant cinq heures, a été veillé sous les prières du patriarche Porfirije, son képi et son sabre posés sur le cercueil entouré de militaires en uniforme. Le cortège s'est achevé au cimetière, où des soldats de l'armée serbe ont porté le cercueil recouvert du drapeau national sous les applaudissements d'une foule accompagnée par un orchestre militaire. « Je suis venue dire au revoir au général, un héros national », a confié à l'AFP une retraitée venue spécialement pour l'occasion, citée par la Folha.
La presse brésilienne rappelle méthodiquement le contenu du jugement de 2017 : Mladic a été reconnu coupable d'avoir commandé le massacre de plus de 8 000 hommes et adolescents musulmans à Srebrenica en juillet 1995, ainsi que le siège de Sarajevo et la création de camps de détention pour civils non serbes. Capturé en 2011 après seize ans de cavale, il est mort le 27 août à 84 ans dans la prison de La Haye. Cette mémoire judiciaire, détaillée dans les deux articles, sert de contrepoint explicite à la scène décrite à Belgrade — y compris la banderole géante à son effigie déployée la veille au stade Marakana pendant le derby de la capitale.
Le volet diplomatique est également rapporté : la commissaire européenne Marta Kos a annulé sa visite prévue le 9 septembre en Serbie, jugeant la « glorification » incompatible avec les valeurs de l'UE, dont Belgrade est candidate. Le président Vucic, absent des funérailles, a qualifié l'événement de « manifestation émotionnelle » ne reflétant pas une position officielle, tout en accusant l'Occident de persécuter les Serbes « depuis trente ou quarante ans ». Côté bosniaque, seule l'ONG Mères de Srebrenica est citée, redoutant « le plus grand rassemblement fasciste d'Europe depuis 70 ans » — aucune déclaration officielle de Sarajevo ne figure dans les articles consultés, qui s'appuient presque intégralement sur des dépêches AP, AFP et NYT plutôt que sur un envoyé spécial, alors que la Serbie se prépare à des élections législatives le mois prochain.
