ANGLE DOMINANT
Paris décrypte ces obsèques comme le miroir d'une Serbie où le révisionnisme, des vétérans aux adolescents, l'emporte sur le verdict de La Haye.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Ratko Mladic est mort le 27 août 2026 à 84 ans à La Haye, où il purgeait une peine de perpétuité prononcée en 2021 pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, notamment le massacre d'environ 8 000 hommes et adolescents musulmans à Srebrenica en juillet 1995
- 02
La commissaire européenne à l'Élargissement Marta Kos a annulé sa visite prévue le 9 septembre en Serbie, jugeant la « glorification » de Mladic « incompatible avec les valeurs sur lesquelles l'UE s'est construite »
- 03
Denis Becirovic, membre bosniaque de la présidence tripartite de Bosnie-Herzégovine, a dénoncé sur Facebook « un acte d'identification des dirigeants de la Serbie avec l'un des pires tueurs de l'histoire de l'Europe »
ANALYSE
Paris, 8 septembre 2026. Le Monde résume le sentiment dominant de la presse française : la Serbie a vécu, lundi 7 septembre, « l’un des plus vastes rassemblements fascistes et révisionnistes » depuis les guerres yougoslaves. Des milliers de personnes ont défilé de l’église Saint-Luka au cimetière de Topcider pour les obsèques de Ratko Mladic, mort le 27 août à 84 ans à La Haye, où il purgeait la perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Les récits français s’attardent sur la foule plus que sur la liturgie : vétérans, « bandes d’ultranationalistes allant des hooligans aux motards », mais aussi, écrit Le Monde, « une foule ordinaire, mêlant des vieux ayant connu la Yougoslavie à de jeunes Serbes ne voulant pas croire un mot » du massacre de Srebrenica. Une banderole résumait l’ambiance : « Bienvenue, général, merci à ta mère d’avoir mis au monde un héros, afin que la gloire de la ‘Grande Serbie’ revienne. »
BFMTV et RFI rappellent que Mladic, surnommé « le Boucher des Balkans », a été condamné en 2021 pour son rôle dans le massacre d’environ 8 000 hommes et adolescents musulmans à Srebrenica, en juillet 1995. RFI cite un habitant de Sarajevo, dont la fille de 9 ans a été tuée pendant la guerre : « Mladic devrait rester dans les mémoires comme un boucher, et non pas célébré comme un héros. »
La dimension diplomatique reste seconde : la commissaire européenne Marta Kos a annulé sa visite du 9 septembre, jugeant la « glorification » incompatible avec les valeurs de l’UE ; le Bosniaque Denis Becirovic dénonce « un acte d’identification des dirigeants de la Serbie avec l’un des pires tueurs de l’histoire de l’Europe ». RFI note que Vucic « minimise le rôle de son gouvernement », insistant sur des funérailles privées, alors que le cercueil avait été accueilli jeudi à Belgrade avec les honneurs militaires.
Pour la presse française, l’essentiel n’est pas judiciaire — le verdict de 2021 n’est pas remis en cause — mais sociétal : trois décennies après Srebrenica, un récit national continue d’effacer ce verdict pour une partie de la population serbe.
SOURCES (3)
- BFMTVMOYEN
