ANGLE DOMINANT
Rome dissèque le calcul politique de Vučić, absent en personne des obsèques mais garant discret de leurs honneurs d'État, à un mois d'élections anticipées.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon la police citée par les médias progouvernementaux et reprise par l'ANSA, au moins 8 000 personnes se sont recueillies devant l'église Saint-Luc de Belgrade, autant au cimetière et le long du cortège.
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Aleksandar Vučić ne s'est pas rendu en personne aux obsèques, officiellement retenu par la visite d'État du président ouzbek Chavkat Mirziyoïev, envoyant son fils Danilo à sa place.
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En Bosnie-Herzégovine, 76 000 plaintes ont été déposées en sept jours pour apologie de criminels de guerre, donnant lieu à plus de 930 procédures, dont certaines visent des responsables de la Republika Srpska comme Milorad Dodik, selon l'ANSA.
ANALYSE
Rome, 8 septembre 2026. Rome dissèque moins la ferveur nationaliste serbe que le calcul politique qui l'a encadrée. Selon l'ANSA, le président Aleksandar Vučić a « maintenu un profil bas » : conscient des mises en garde de l'Union européenne sur la « glorification de criminels de guerre », il n'a pas assisté en personne aux obsèques de Ratko Mladić, préférant recevoir en visite d'État le président ouzbek Chavkat Mirziyoïev et envoyer son fils Danilo. Trois ministres — dont Nenad Vujić, le ministre de la Justice qui avait le premier annoncé, le 28 août, des « honneurs militaires et d'État » et escorté personnellement la dépouille depuis La Haye — étaient en revanche présents.
La presse italienne rappelle que Mladić, mort le 27 août à 84 ans en détention à La Haye où il purgeait une perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité liés à Srebrenica et au siège de Sarajevo, est surnommé par les médias internationaux le « Boucher de Bosnie ». Aucun de ces crimes n'a été mentionné par les officiants, note l'ANSA, qui relève l'absence de toute contestation : la cérémonie « s'est déroulée pacifiquement, sans même le trouble d'une contestation, d'une contre-manifestation, d'une déclaration publique contraire ». Le patriarche Porfirije a qualifié le défunt de « chrétien orthodoxe et soldat serbe » que « l'Histoire jugera » ; son fils Darko a dénoncé des « tribunaux artificiels » ayant transformé « les défenseurs en criminels ».
Pour Libero Quotidiano, qui rapproche la trajectoire de Mladić de celle de Ramzan Kadyrov, le général reste le symbole d'une cause nationale — la Grande Serbie — que Belgrade a dû abandonner en 2011 en le livrant à La Haye pour retrouver sa place internationale.
L'échéance électorale pèse sur cette prudence : à un mois d'élections anticipées réclamées par l'opposition et les étudiants, le gouvernement a demandé ce jour la dissolution du Parlement. Rome note aussi qu'en Bosnie-Herzégovine, où l'apologie de criminels de guerre est un délit, 76 000 plaintes ont été déposées en sept jours et plus de 930 procédures ouvertes, y compris contre des responsables de la Republika Srpska — un contraste que ce corpus ne permet pas de vérifier depuis Sarajevo elle-même, la Bosnie n'étant pas couverte par nos sources.
SOURCES (3)
- Libero QuotidianoMOYEN
