ANGLE DOMINANT
Budapest mesure d'abord le coût européen de ces obsèques pour Belgrade, entre condamnation de Bruxelles, colère croate et rupture annoncée avec Sarajevo.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Selon HVG, l'EEAS (porte-parole Christian Wigand) a jugé que glorifier des criminels de guerre et nier un génocide n'a « sa place ni dans l'UE ni dans les pays candidats »
- 02
La commissaire à l'Élargissement Marta Kos a annulé sa visite prévue en Serbie à cause des obsèques, selon Telex et HVG
- 03
Le ministre bosnien Elmedin Konaković a annoncé le rappel de la quasi-totalité du personnel de l'ambassade bosnienne à Belgrade, selon Telex
ANALYSE
Budapest, 8 septembre 2026. Pour la presse hongroise, l'événement se lit d'abord à l'aune du parcours européen de la Serbie. Le titre du quotidien HVG donne le ton : ces obsèques « en grande pompe » ne servent pas les aspirations européennes de Belgrade. Citant Politico, HVG relève la liste des présents lundi à l'église Saint-Luc : le patriarche Porfirije, proche allié du président Aleksandar Vucic, a officié ; étaient là Milorad Dodik, ex-président de la Republika Srpska, le ministre serbe de la Justice Nenad Vujic, celui de la Défense Bratislav Gasic, l'ambassadeur russe Alexandre Botsan-Kharchenko et Danilo Vucic, fils du président. Belgrade affirme officiellement ne pas avoir organisé la cérémonie - mais HVG note que la dépouille a été rapatriée par un avion gouvernemental et que des militaires serbes ont porté le cercueil, ce qui « peut jeter le doute » sur cette version.
Le porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Christian Wigand, est cité affirmant que glorifier des criminels de guerre et nier un génocide est incompatible avec les valeurs européennes, y compris pour les pays candidats. La commissaire à l'Élargissement Marta Kos a annulé sa visite prévue en Serbie. Vucic, absent de la cérémonie - un choix jugé tactique par HVG -, a dénoncé une persécution des Serbes vieille selon lui de « 30 à 40 ans ».
Un second article de HVG rapporte la critique du Premier ministre croate Andrej Plenkovic, pour qui la réaction de Bruxelles a été trop timide : von der Leyen, Costa et Kallas auraient dû s'exprimer en personne, pas seulement un porte-parole. Telex détaille la riposte de Sarajevo : le ministre bosnien des Affaires étrangères Elmedin Konaković a annoncé le rappel de la quasi-totalité du personnel de son ambassade à Belgrade, déclarant : « Si je le pouvais, je romprais aujourd'hui même les relations diplomatiques avec la Serbie. » Il veut aussi faire sanctionner les responsables de la Republika Srpska présents, dont Zeljka Cvijanovic.
HVG cite enfin l'analyste belgradois Srdjan Majstorović, qui juge « assez agaçant » l'indignation étrangère face à un phénomène connu de longue date à Belgrade. La presse hongroise rappelle que la Serbie négocie son adhésion depuis 2014, bloquée depuis 2021 par huit États membres, pendant que l'Ukraine, la Moldova et même le Monténégro la devancent désormais dans la course européenne.
SOURCES (2)
- TelexMOYEN
- HVGMOYEN
