ANGLE DOMINANT
Belgrade tranche un compromis fragile entre honneurs militaires et honneurs d'État, à quelques semaines d'élections anticipées où Aleksandar Vučić joue une partie de sa survie politique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon l'Archives des rassemblements publics (comptage vidéo entre 11h et 14h), 16 000 personnes ont assisté au cortège funèbre de Ratko Mladić le lundi 7 septembre 2026 à Belgrade.
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Ratko Mladić, mort le 27 août 2026 à 84 ans dans la prison des Nations unies à La Haye, a été condamné en 2017 par le TPIY à la perpétuité pour génocide, au terme d'un procès de 530 jours d'audience, 592 témoins et près de 10 000 pièces à conviction.
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Selon Deutsche Welle, citée par N1, le président Vučić a retenu une « voie médiane » : obsèques avec honneurs militaires mais sans honneurs d'État, après que son ministre de la Justice Nenad Vujić avait annoncé les deux.
ANALYSE
Belgrade, 8 septembre 2026. À Belgrade, le compromis choisi pour les obsèques de Ratko Mladić a occupé autant de place dans la presse serbe que la cérémonie elle-même. Lundi, selon l'estimation de l'Archives des rassemblements publics — établie par comptage vidéo entre 11h et 14h sur le passage du cortège —, 16 000 personnes ont suivi le cercueil de l'ancien commandant de l'armée des Serbes de Bosnie jusqu'au cimetière de Topčider, où il a été inhumé aux côtés de sa fille. Le patriarche Porfirije a officié en l'église Saint-Luc, s'adressant au défunt comme à « notre frère, le général Ratko » et rappelant qu'« aucun tribunal terrestre n'est infaillible ».
La presse rapporte que le président Aleksandar Vučić, absent mais représenté par son fils Danilo, a arbitré entre deux pressions contradictoires. Le ministre de la Justice Nenad Vujić avait d'abord annoncé des honneurs militaires et d'État, provoquant l'indignation de Bruxelles ; selon Deutsche Welle, citée par N1, Vučić a finalement retenu une « voie médiane » : honneurs militaires, mais pas d'État, décrivant la cérémonie comme un élan émotionnel sans rapport avec une approbation gouvernementale. L'ambassadeur russe Alexandre Botsan-Kharchenko et les dirigeants de la Republika Srpska, dont Milorad Dodik, ont assisté à l'office. Le fils du défunt, Darko Mladić, a dénoncé des « tribunaux artificiels pour nos héros » devant une foule scandant « Héros ! Héros ! ».
Le calendrier électoral pèse sur la lecture de l'événement : des législatives anticipées sont attendues le 25 octobre, et le parti de Vučić pourrait pour la première fois perdre face au mouvement étudiant. Une partie de la presse serbe assume la critique : la journaliste Safeta Bišević (Danas) juge que « tout ressemble à des obsèques d'État », l'absence de Vučić servant d'alibi ; Jovana Kolarić, du Fonds pour le droit humanitaire, dénonce un détournement des institutions de l'État et rappelle que la culpabilité de Mladić est « absolument prouvée ». L'opposition reste divisée, entre symbole de résistance et honte nationale. La commissaire européenne Marta Kos, qui a annulé sa visite à Belgrade, évoque les pages les plus sombres de l'histoire récente de l'Europe.
