ANGLE DOMINANT
Canberra retient d'abord la mécanique diplomatique menée par le Togo et l'isolement inhabituel des États-Unis, tout en relevant que l'Australie elle-même s'agrandit sur la nouvelle carte adoptée à l'ONU.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La résolution a été adoptée par 164 voix pour, une seule voix contre (les États-Unis) et six abstentions à l'Assemblée générale de l'ONU
- 02
Le représentant américain Yaryna Ferencevych a jugé que le débat sur des « projets de cartes du XVIe siècle » et la « justice cognitive » nuisait à la crédibilité de l'institution
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Selon les mastheads australiens Nine, l'Australie figure elle-même parmi les territoires agrandis par la nouvelle projection Equal Earth, aux côtés de l'Afrique
ANALYSE
Canberra, 5 septembre 2026. L'Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution portée par le Togo et l'Union africaine invitant les États membres à remplacer, à terme, la projection de Mercator par la carte Equal Earth. Le texte a été approuvé par 164 voix, avec une seule voix contre, celle des États-Unis, et six abstentions. Pour la presse australienne, qui reprend largement des dépêches Reuters et AFP, le fait notable tient autant à la mécanique diplomatique du vote qu'à son résultat cartographique : l'Australie elle-même figure, comme l'Afrique, parmi les territoires agrandis par la nouvelle projection, tandis que l'Amérique du Nord et l'Europe rétrécissent visuellement.
Le ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, à l'origine de l'initiative, a défendu un monde juste qui commence par une carte juste, rappelant que la Mercator, conçue en 1569 par le cartographe flamand Gerardus Mercator pour la navigation maritime, fait apparaître le Groenland presque aussi grand que l'Afrique, alors que celle-ci est environ quatorze fois plus vaste. Dussey a annoncé que le Togo modifierait ses propres manuels scolaires de géographie d'ici la fin de l'année, avant d'appeler d'autres gouvernements, écoles et entreprises technologiques à suivre, notamment celles qui exploitent des services de cartographie et de géolocalisation.
Les États-Unis, seuls opposants, ont dénoncé un programme jugé idéologique, qui détournerait l'institution de problèmes réels de paix, de prospérité ou de bonnes relations internationales. Leur représentante, Yaryna Ferencevych, a jugé que débattre de projections cartographiques du XVIe siècle et de justice cognitive nuisait à la crédibilité de l'organisation.
La France, coparraine du texte, a annoncé l'abandon de Mercator dès l'adoption de la résolution. Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que changer les cartes ne change évidemment pas le monde, mais que corriger une représentation déformée est déjà un acte de vérité, une déclaration que les articles australiens relient à la volonté française de resserrer ses liens avec ses anciennes colonies africaines. La résolution, non contraignante, précise qu'elle ne remet pas en cause l'usage de Mercator pour la navigation maritime et aérienne.
SOURCES (4)
- ABC News AustraliaMOYEN
- The AgeMOYEN
- SBS News AustraliaMOYEN
