ANGLE DOMINANT
Accra salue un vote massif à l'ONU (164 voix contre 1) et retient surtout l'isolement diplomatique des États-Unis, seul pays à avoir rejeté une carte du monde plus fidèle à la taille réelle de l'Afrique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La résolution a été adoptée par 164 voix pour, une seule voix contre — celle des États-Unis — et six abstentions à l'Assemblée générale de l'ONU.
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Sur la carte de Mercator, le Groenland apparaît presque aussi grand que l'Afrique, alors que le continent est environ quatorze fois plus vaste.
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Le Togo a annoncé qu'il modifierait ses manuels scolaires de géographie d'ici la fin de l'année, une première selon son ministre des Affaires étrangères Robert Dussey.
ANALYSE
Accra, 5 septembre 2026. L'Assemblée générale des Nations unies a adopté, vendredi 4 septembre 2026, une résolution invitant les États membres à délaisser la projection de Mercator au profit d'Equal Earth, qui restitue plus fidèlement la taille réelle des continents. Le texte, porté par le Togo au nom d'une campagne de l'Union africaine, a recueilli 164 voix pour, une seule voix contre — celle des États-Unis — et six abstentions, selon les articles de MyJoyOnline et Graphic Online qui reprennent la dépêche de Reuters.
Pour la presse ghanéenne, le chiffre parle de lui-même : sur la carte de Mercator, en usage depuis le XVIe siècle, le Groenland apparaît presque aussi grand que l'Afrique, alors que le continent est environ quatorze fois plus vaste. « Un monde juste commence par une carte juste », a déclaré le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, cité par Reuters avant le vote. Il a annoncé que son pays serait le premier à modifier ses manuels de géographie scolaire d'ici la fin de l'année, avant de pousser d'autres gouvernements, écoles, organisations internationales et entreprises de cartographie numérique à suivre le mouvement.
Dussey a rattaché cette bataille cartographique aux efforts plus larges du continent pour affronter les héritages de la colonisation, tout en précisant qu'il ne s'agissait « pas d'une attaque contre l'Europe ou une autre civilisation ». La diffusion massive de Mercator, a-t-il rappelé, est une conséquence directe de la colonisation.
Le refus américain occupe une place à part dans le récit ghanéen. Washington a justifié son vote en dénonçant un « agenda idéologique » détournant l'attention des « véritables problèmes de paix, de prospérité ou de bonnes relations internationales ». Pour Accra, cet isolement diplomatique — un seul pays contre 164 — vaut démonstration : la contestation de la carte héritée du XVIe siècle rassemble bien au-delà du bloc africain.
Les deux articles ghanéens rappellent que la résolution n'est pas contraignante et ne remet pas en cause l'usage de Mercator pour la navigation maritime et aérienne, où elle reste pleinement adaptée. Le Togo prévoit de réunir les États membres de l'Union africaine et des soutiens d'autres régions dans les six prochains mois pour organiser une adoption plus large, notamment auprès des entreprises de cartographie et de géolocalisation.
