ANGLE DOMINANT
Paris saisit ce vote de l'ONU comme un levier diplomatique envers l'Afrique, revendiquant un geste de vérité cartographique tout en resserrant des liens distendus par son passé colonial.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La résolution a été adoptée par 164 voix pour, une seule voix contre (les États-Unis) et six abstentions.
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La France a coparrainé le texte et annoncé, le jour même, l'abandon de la projection de Mercator dans ses propres usages.
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Le ministre Jean-Noël Barrot a affirmé que sur Mercator « le Groenland semble presque aussi vaste que l'Afrique, alors que l'Afrique est en réalité environ quatorze fois plus grande ».
ANALYSE
Paris, 5 septembre 2026. Vendredi 4 septembre, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté par 164 voix, contre celle des États-Unis et six abstentions, une résolution appelant à délaisser la projection de Mercator au profit de la carte Equal Earth. Le texte, porté par le Togo et plusieurs pays africains, a été coparrainé par la France et l'ensemble des pays de l'Union européenne, un engagement que Paris n'a pas traité comme un simple vote technique.
Le jour même, le ministère français des affaires étrangères a annoncé qu'il abandonnait la projection de Mercator dans ses propres usages. Depuis la Sorbonne Nouvelle, Jean-Noël Barrot a justifié ce choix en des termes précis : sur la carte de 1569, « les États-Unis, la Russie, la Chine prennent une importance visuelle démesurée par rapport à l'Afrique, à l'Amérique latine ou à l'Asie du Sud-Est », et « le Groenland semble presque aussi vaste que l'Afrique, alors que l'Afrique est en réalité environ quatorze fois plus grande ». Il a concédé que « changer de carte ne change évidemment pas le monde », mais y a vu « déjà faire œuvre de vérité ».
Le geste s'inscrit dans une diplomatie française qui cherche à renouer avec un continent où son influence s'est effritée ces dernières années, notamment dans d'anciennes colonies aux relations tendues. Le ministre a élargi la portée du symbole en le raccrochant à un débat plus large sur les récits dominants, évoquant l'opposition entre un « prétendu Sud global » et un « Occident collectif », et rejetant une vision d'une Europe vouée au déclin.
Face à ce consensus, l'isolement américain a été total : la représentante de Washington, Yaryna Ferencevych, a dénoncé un « agenda idéologique » qui « entrave le travail » de l'ONU, l'exhortant à se concentrer sur « les véritables enjeux de paix internationale ». Le ministre togolais Robert Dussey a, de son côté, insisté sur la neutralité de l'initiative, affirmant qu'elle ne visait « aucune nation, aucune civilisation ni aucune tradition cartographique ».
SOURCES (3)
- France 24 ENMOYEN
- BFMTV InternationalMOYEN
