ANGLE DOMINANT
Londres décrypte le vote comme une bascule diplomatique où le Royaume-Uni a choisi le camp de la majorité du Sud plutôt que celui de Washington, resté seul opposant à la résolution togolaise.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
164 pays, dont le Royaume-Uni et la France, ont voté la résolution ; les États-Unis ont été le seul pays opposant, avec six abstentions (BBC).
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L'analyste londonien JJ Enoch (JS Held) relie la campagne togolaise à une quête d'influence accrue des nations africaines dans les institutions mondiales (The Guardian).
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Togo prévoit un événement à Lomé avec l'Unesco, l'Union africaine et Google Maps au premier trimestre pour définir la mise en œuvre du changement (The Independent / The Guardian).
ANALYSE
Londres, 4 septembre 2026. Le Royaume-Uni a voté en faveur de la résolution portée par le Togo, rejoignant l'écrasante majorité des 164 pays qui ont choisi d'abandonner la projection de Mercator au profit d'Equal Earth, tandis que les États-Unis restaient seuls à s'y opposer, aux côtés de six abstentions. La presse britannique retient d'abord ce basculement diplomatique : Londres se range du côté de Paris — dont le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé l'arrêt de l'usage de Mercator dans son administration — plutôt que du côté de Washington, dont la représentante Yaryna Ferencevych a jugé que le texte « se moque du travail et de l'objet de l'Assemblée générale », l'accusant de promouvoir des « réparations » et une « justice cognitive » plutôt que de traiter les vrais enjeux de paix et de prospérité.
Pour les commentateurs cités par la presse britannique, le vote dépasse la seule cartographie. JJ Enoch, analyste basé à Londres pour le cabinet de risque géopolitique JS Held, relie la campagne à une quête plus large des nations africaines pour davantage d'influence dans les institutions mondiales et un contrôle accru sur la manière dont le continent est représenté. Le ministre togolais Robert Dussey, artisan de la résolution, avait posé les termes du débat en amont du vote : « Une carte n'est jamais neutre. Elle façonne les perceptions, influence la manière dont la place des peuples et des continents dans le monde est comprise. »
Le texte, non contraignant, invite gouvernements, écoles, organisations internationales et entreprises technologiques à adopter Equal Earth, conçue en 2018, chaque fois que l'échelle réelle des continents importe. Il ne bannit pas Mercator. Togo prévoit un événement à Lomé, au premier trimestre, avec l'Unesco, l'Union africaine et des entreprises comme Google Maps, pour discuter de la mise en œuvre concrète du changement — un chantier où le Royaume-Uni, déjà rallié au texte, se positionne en soutien plutôt qu'en initiateur.
