ANGLE DOMINANT
Rome mesure le chaos aérien britannique à l'aune du calvaire vécu par les passagers, plus qu'à celle des responsabilités institutionnelles.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Adnkronos, citant Flightradar24, comptabilise 1 055 vols annulés au Royaume-Uni d'ici 20 heures (heure italienne) mardi 8 septembre.
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Ryanair a déclaré que plus de 65 000 de ses passagers ont été concernés et que plus de 50 de ses vols ont été annulés.
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L'ANSA rapporte 177 annulations supplémentaires mercredi 9 septembre, après 1 300 annulations décomptées la veille, la quasi-totalité concentrée à Heathrow.
ANALYSE
Rome, 10 septembre 2026. La presse italienne restitue la panne du contrôle aérien britannique d'abord par le prisme du passager. Mardi 8 septembre, un « guasto tecnico », panne technique du système d'élaboration des plans de vol de NATS, a bloqué les départs à Heathrow, Gatwick, Manchester, Birmingham, Bristol, Édimbourg, Aberdeen, ainsi qu'à Southend, dans l'île de Man et à Jersey, rapporte l'ANSA. Les répercussions ont gagné les correspondances internationales : Dublin, Paris et « d'autres villes du reste de l'Europe » ont subi le contrecoup, précise l'agence.
Le bilan chiffré varie selon l'heure du relevé. ANSA évoque « plus de 600 » annulations en cours de journée mardi ; Adnkronos, citant Flightradar24, porte le total à 1 055 vols annulés « d'ici 20 heures, heure italienne ». Mercredi, ANSA rapporte que la veille avait finalement compté 1 300 annulations, avant que 177 vols supplémentaires ne s'y ajoutent mercredi, la quasi-totalité à Heathrow.
Au-delà des chiffres, la presse italienne retient surtout le vécu des voyageurs. Adnkronos cite Josie Donoghue, une opératrice sanitaire restée bloquée trois heures sur le tarmac de Gatwick avant un vol vers l'Irlande : traverser l'aéroport, confie-t-elle à la Press Association, « a été comme essayer de sortir d'Alcatraz ». British Airways a dû annuler ou dérouter plus de 100 vols, touchant « des dizaines de milliers » de clients ; Ryanair revendique plus de 65 000 passagers concernés et plus de 50 vols annulés. Liverpool, Birmingham, Édimbourg et l'aéroport de Dublin, qui a annulé « des dizaines de vols », complètent le tableau.
Sur la cause, l'ANSA écarte d'emblée toute piste de cyberattaque ou de « guerre hybride » russe, hypothèses pourtant agitées récemment au Royaume-Uni et en Europe sur fond de conflit ukrainien. NATS, cité par Adnkronos, a reconnu un retour à la normale « plus long que prévu », s'est dit « extrêmement frustré » et a présenté des excuses « sans réserve ». L'Autorité britannique de l'aviation civile a réclamé un « rapport complet » à l'organisme.
La presse italienne ne relie pas explicitement l'épisode à la panne de 2023, ni à une éventuelle convocation politique du patron de NATS : l'angle privilégié reste celui du chaos vécu au sol par les passagers, plus que celui des responsabilités institutionnelles britanniques.
