ANGLE DOMINANT
Bruxelles tranche sur le rôle de Washington : le retour de María Corina Machado est présenté comme un défi lancé à Delcy Rodríguez, dans une transition que les États-Unis pilotent sans elle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Machado est rentrée au Venezuela dimanche 25 octobre après près d'un an d'exil et a rallié Caracas en soirée (La Libre Belgique, d'après l'AFP).
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Delcy Rodríguez a assuré que des élections seraient organisées, sans préciser de date, et mène des négociations soutenues par Washington dont Machado est exclue.
- 03
Rubio juge le retour « résultat direct » du processus de réconciliation américain, tandis que Trump dit ne rien savoir à ce sujet.
ANALYSE
Bruxelles, 26 octobre 2026. La presse belge consacre sa couverture au retour de María Corina Machado au Venezuela, dimanche 25 octobre, après un exil de près d'un an. La Libre Belgique, s'appuyant sur les journalistes de l'AFP, décrit une opposante acclamée par ses partisans à Guacara, dans le nord du pays, avant de rallier Caracas en soirée, au terme d'un périple de plusieurs centaines de kilomètres. « Le Venezuela est en train de donner une leçon au monde entier », a-t-elle lancé.
Pour le quotidien, ce retour renforce la pression sur le pouvoir intérimaire pour qu'il organise des élections. Il apparaît comme un défi pour la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui mène avec une partie de l'opposition des négociations soutenues par Washington sur une transition démocratique, dont Machado a été exclue. Rodríguez, qui gouverne « sous la forte pression de Washington », a assuré que des élections auraient lieu, sans en préciser la date. La foule a scandé : « Nous voulons des élections, plus de dialogue, des élections tout de suite ».
La VRT NWS insiste sur la trajectoire de l'opposante. Prix Nobel de la paix en 2025, Machado devait être en 2024 la grande rivale de Nicolás Maduro, mais elle avait été écartée du scrutin, accusée de corruption, et a longtemps vécu cachée. La chaîne flamande rappelle qu'elle a offert son Nobel à Donald Trump, un geste qui lui a, selon elle, peu rapporté : après l'enlèvement de Maduro et de son épouse par des forces spéciales américaines, Trump a choisi de travailler avec Rodríguez et a mis Machado « complètement de côté ». Washington exerce depuis une grande influence sur le gouvernement par intérim.
Les réactions américaines, rapportées par La Libre, montrent cet écart. Interrogé, Trump a dit ne pas être au courant : « Je ne sais rien à ce sujet, mais je pense que c'est une femme très agréable. Elle m'a donné son prix Nobel, alors comment pourrais-je dire autre chose ? » Marco Rubio, lui, y voit le « résultat direct » du processus de « réconciliation » sous l'égide de Washington.
Le regard belge est donc celui d'une transition dont l'issue dépend moins des urnes, pour l'instant, que de l'arbitrage américain. Les deux médias soulignent l'absence de calendrier électoral et la distance entre l'opposante et la Maison-Blanche, sans trancher sur la suite.
