ANGLE DOMINANT
Berne-Zurich, par la voix du Temps et de la SRF, pèse ce retour à l'aune de Washington : une Nobel de retour pendant que Donald Trump salue la coopération avec Delcy Rodríguez.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
María Corina Machado, 60 ans, a annoncé son retour dimanche 25 octobre sur X : « Je suis ici. Avec vous. », après près d'un an d'exil, dont des tentatives de retour ratées au moins à sept reprises selon son parti (Le Temps).
- 02
Donald Trump, interrogé, a dit ne rien savoir du retour et jugé Machado « une femme très agréable », en ajoutant qu'elle lui avait donné son prix Nobel (Le Temps, SRF).
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Selon la SRF, Delcy Rodríguez dirige le Venezuela depuis la capture de Nicolás Maduro par l'armée américaine en janvier, et le retour intervient peu après un accord pétrolier américain controversé.
ANALYSE
Berne, 26 octobre 2026. Le Temps et la SRF consacrent leur couverture au retour de María Corina Machado, annoncé dimanche 25 octobre. La cheffe de l'opposition vénézuélienne, prix Nobel de la paix, a écrit sur le réseau X : « Je suis ici. Avec vous. » Le Temps note qu'elle avait quitté le pays en décembre 2025 pour recevoir son prix, après près d'un an de clandestinité, et que, selon des sources de son parti Vente Venezuela, elle avait tenté au moins à sept reprises de rentrer, en vain. Âgée de 60 ans, elle était exilée au Panama, et son retour met fin à une absence marquée par plusieurs manifestations réclamant qu'elle puisse rentrer.
Le Temps rappelle qu'elle a quitté le pays au terme d'une année passée dans la clandestinité, en pleine vague d'arrestations.
Le quotidien lausannois détaille la première étape : l'église de Santa Rosa, à Barquisimeto, à quelque 400 km à l'ouest de Caracas, où elle est venue remercier la Vierge. Des images diffusées par son équipe montrent des partisans, certains en larmes, lui crier : « Voici ton peuple, María ! » La SRF relève pour sa part que Machado n'a donné aucun détail sur son lieu de séjour et qu'elle vivait déjà largement dans l'ombre avant son départ.
La chaîne alémanique cite Edmundo González, pour qui « aujourd'hui est un jour très important » : avec elle, dit-il, « revient notre voix souveraine pour mener ce processus et le mettre sur les bons rails ».
L'essentiel du cadrage suisse passe toutefois par Washington. Interrogé par les journalistes, Donald Trump a répondu : « Je ne sais rien à ce sujet, mais je pense que c'est une femme très agréable. Elle m'a donné son prix Nobel, alors comment pourrais-je dire autre chose ? » Il a ajouté espérer qu'elle soit en sécurité et que « nous nous en sortons très bien au Venezuela ». La SRF rappelle que Trump loue régulièrement sa bonne entente avec Delcy Rodríguez.
Le contexte est posé sans détour : Nicolás Maduro a été capturé en janvier par l'armée américaine à Caracas, et l'ancienne vice-présidente Rodríguez dirige depuis le pays pétrolier. La SRF souligne que le retour survient quelques semaines après un accord pétrolier américain jugé controversé, ce qui place la scène dans un jeu d'intérêts où la Nobel apparaît comme un acteur parmi d'autres, plus qu'en arbitre du calendrier politique.
